Après avoir suscité un grand vent d’espoir : Les raisons du brutal coup d’arrêt de « Kpandji »

Il y a encore un an en arrière, la marque « Kpandji » qui se une marque « Made in Côte d’Ivoire » faisait feu de tous bois. Du moins au niveau du matraquage médiatique. Aujourd’hui, il n’y a pas de doutes, un coup d’arrêt est constaté. Le fort engouement a laissé place à une quasi-indifférence. Le promoteur de la marque nationale s’est heurtée à la dure et impitoyable réalité du marché. Première difficulté de la marque, elle ne fabrique pas à elle –même les éléments clés pour faire une voiture prête à être vendue. Elle assemble les moteurs et autres éléments clés qu’elle monte ici à Abidjan. En clair, il lui faut importer des éléments déterminants. Toute chose qui, indubitablement, implique les aléas de l’importation. Pour Parfait Gueu , un spécialiste du domaine , « tant qu’il s’agit d’assembler et de monter deux ou trois véhicules devant les spot-lights et les caméras des télévisions , il n y a pas de problèmes. Mais quand surgit, par exemple, une commande de 500 voitures d’un coup, le défi financier apparait. Sans un accompagnement des banques, sans une commande géante de l’Etat ou encore une confiance des populations donc de la clientèle, le gouffre financier s’installe et tout est à l’arrêt comme c’est le cas, en ce moment », indique-t-il. Le manque de confiance et d’accompagnement, dans ce cas d’espèce, est criant. En effet, jusqu’à ce jour, les consommateurs et l'État privilégient souvent les grandes marques internationales établies. Les véhicules locaux dont ceux de « Kpandji » ne sont pas encore adoptés par les institutions locales ou les cortèges ministériels, ce qui limite la crédibilité du produit auprès du grand public. Les Ivoiriens continuent de priser les marques étrangères d’autant plus qu’elles ont , sensiblement, le même coût que « Kpandji » dont les retours de satisfaction ne sont pas largement distillés. La puissance financière de « Kpandji » étant très limitée, la structure n’a pas encore la capacité de produire des pièces détachées en importante quantité et à portée de mains. « La réalité de l’acheteur est toute aussi implacable. Pour un client qui a déboursé par exemple 15 millions f cfa et qui se retrouve coincé par une panne d’alternateur à Korhogo , il risque de déchanter car le constructeur ivoirien n’a pas pu vraiment déployer son réseau de garage à l’échelle nationale. Son business s’en trouvera bloqué. Or, les marques étrangères offrent à foison des pièces de rechange et bien souvent à bon prix », fait remarquer l’expert Parfait Gueu. En clair, le lourd écosystème du secteur automobile qui nécessite de colossaux investissements en amont pour maitriser l’écosystème n’a point été favorable à la structure d’assemblage et de montage qu’est « Kpandji ».
Joël Rabbi
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