CÔTE D’IVOIRE -BANQUE MONDIALE : 5,3 OU 6,3 MILLIARDS DE DOLLARS ? LE MILLIARD QUI INTERROGE
La transparence dans la coopération entre la Banque mondiale et la Côte d'Ivoire sur les montants servant à financer les projets doit être de mise.

Un même portefeuille, 25 projets, mais deux montants différents. Les chiffres publiés sur la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Groupe de la Banque mondiale font apparaître un écart d’un milliard de dollars qui mérite clarification. Le portefeuille actif est présenté comme comprenant 25 projets stratégiques. Mais sa valeur globale est annoncée, selon les publications, à 5,3 milliards de dollars ou à 6,3 milliards de dollars.
DEUX CHIFFRES POUR UN MÊME PORTEFEUILLE
Une communication officielle du 22 septembre 2026 fait état de 6,3 milliards de dollars pour 25 projets, à la fin de l’exercice fiscal 2025-2026.D’autres communications consacrées aux Journées portes ouvertes du Groupe de la Banque mondiale évoquent cependant 5,3 milliards de dollars, toujours pour 25 projets actifs. À ce stade, rien ne permet d’établir avec certitude si cet écart provient d’une erreur de transcription, d’une actualisation des données ou d’un périmètre de calcul différent. La différence est pourtant considérable. Un milliard de dollars représente plusieurs centaines de milliards de FCFA. Lorsqu’il s’agit de financements du développement et de coopération internationale, la précision des données est essentielle à la bonne information du public.
25 PROJETS AU CŒUR DU DÉVELOPPEMENT
Au-delà de cette divergence, l’importance du partenariat reste considérable. Les interventions concernent notamment les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, le numérique, la protection sociale, l’emploi, la gouvernance et le capital humain.Cette coopération doit également accompagner les ambitions du Plan national de développement 2026-2030, avec un enjeu majeur : transformer les financements mobilisés en investissements productifs, services publics améliorés et opportunités économiques durables.
LA QUESTION DE L’IMPACT
Le débat ne peut donc s’arrêter à 5,3 ou 6,3 milliards de dollars. Il doit aussi porter sur l’utilisation effective de ces ressources. Combien de projets sont réellement achevés ? Quels sont les niveaux de décaissement ? Quels territoires en bénéficient ? Combien d’emplois sont créés ? Quels changements mesurables ces investissements produisent-ils dans l’accès à l’électricité, à l’eau, aux infrastructures, à l’éducation ou à l’emploi ? La clarification du montant exact serait utile pour garantir la cohérence de l’information publique. Mais l’enjeu essentiel reste ailleurs. La véritable mesure de ces milliards ne sera pas leur inscription dans un portefeuille financier, mais leur capacité à devenir des routes, de l’électricité, des emplois, des entreprises et de meilleures conditions de vie pour les populations.
Karim Bamba
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