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FONCIER RURAL : 9 MILLIONS D’HECTARES À SÉCURISER, LA CÔTE D’IVOIRE FACE À LA BATAILLE DE LA TERRE

La Côte d'Ivoire tient à sécuriser ses terres. Dans cette veine , une importante opération verra le jour.

Par admin2 min de lecture
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Le certificat foncier sera désormais très précieux
Le certificat foncier sera désormais très précieux

La terre nourrit, enrichit, se transmet, mais elle peut aussi diviser. En Côte d’Ivoire, où le foncier rural reste au cœur d’importants enjeux agricoles, économiques et sociaux, le gouvernement affiche une ambition majeure : sécuriser neuf millions d’hectares supplémentaires au cours des dix prochaines années. Environ deux millions d’hectares sont actuellement annoncés comme certifiés. Le défi dépasse la délivrance de documents administratifs. Il touche directement à la paix sociale, à l’investissement agricole et à la stabilité des campagnes. La question foncière accompagne depuis des décennies les transformations du monde rural ivoirien. Croissance démographique, migrations, développement des cultures de rente, héritages familiaux et coexistence entre droits coutumiers et droit moderne ont progressivement complexifié les rapports à la terre.

 Un chantier colossal

 Sécuriser neuf millions d’hectares supplémentaires en dix ans impose un changement d’échelle. Il faudra accélérer les opérations de délimitation, simplifier les procédures, renforcer les capacités administratives et rapprocher les services des populations rurales. Derrière chaque parcelle peuvent cependant coexister plusieurs histoires et revendications. Une terre peut avoir été héritée, prêtée ou exploitée depuis plusieurs générations sur la base d’accords coutumiers parfois non écrits. Transformer ces situations en droits juridiquement sécurisés exige donc rigueur, dialogue et transparence.

 Sécuriser pour mieux investir

 La sécurité foncière constitue également un enjeu économique. Un agriculteur dont les droits sont clairement reconnus peut plus facilement envisager des investissements durables dans sa plantation, l’irrigation, la mécanisation ou rechercher des financements. Mais la course aux certificats ne doit pas devenir une fin en soi. Une réforme mal comprise ou insuffisamment concertée pourrait déplacer les conflits au lieu de les résoudre.

 Prévenir les conflits

 La réussite devra donc être appréciée autant par le nombre d’hectares sécurisés que par la diminution des contestations. Administration, structures foncières, autorités traditionnelles et communautés devront travailler ensemble. La cartographie et la numérisation peuvent améliorer la transparence, mais elles ne remplaceront pas la médiation lorsque plusieurs personnes revendiquent une même parcelle. La sécurisation doit éviter que le droit reconnu à l’un soit vécu comme une dépossession par l’autre.

 Faire de la terre un facteur de paix

 L’ambition ivoirienne est considérable. Elle ne réussira que si les procédures restent accessibles aux populations, si les droits coutumiers sont correctement pris en compte et si les décisions inspirent confiance. La bataille du foncier rural ne se gagnera pas seulement avec des certificats et des cartes. Elle se gagnera lorsque chacun saura où commence son droit, où s’arrête celui de son voisin et quelle institution peut garantir pacifiquement les deux. Sécuriser la terre, c’est aussi sécuriser la paix.

 Ferdinand Yao

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