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JUSTICE : DÉCÈS DE GNÉNÉMA MAMADOU COULIBALY, ANCIEN MINISTRE DE LA JUSTICE ET FIGURE DE LA MAGISTRATURE

La Côte d’Ivoire perd une personnalité de son histoire judiciaire. Gnénéma Mamadou Coulibaly, ancien Garde des Sceaux, ministre de la Justice et magistrat de haut rang, est décédé ce jeudi 22 octobre 2026 à Abidjan

Par Kader Diomandé3 min de lecture
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Coulibaly Gnenema est décédé
Coulibaly Gnenema est décédé

Sa disparition met un terme à une carrière marquée par de hautes responsabilités au sein de l’État et des institutions juridiques africaines.

La magistrature ivoirienne est en deuil. Gnénéma Mamadou Coulibaly, ancien ministre de la Justice, des Droits de l’Homme et des Libertés publiques, s’est éteint à Abidjan, laissant le souvenir d’un juriste expérimenté et d’un homme profondément attaché au service public.

La nouvelle de son décès a été portée à la connaissance des magistrats, greffiers et personnels judiciaires par une note d’information signée du procureur général, Dr François Komoin. Jusqu’à sa disparition, il exerçait les fonctions d’avocat général au parquet général près la Cour de cassation et le Conseil d’État, où il dirigeait la section pénale.

 Un parcours au cœur des institutions judiciaires

 Originaire de Korhogo, Gnénéma Mamadou Coulibaly avait étudié le droit à l’Université nationale de Côte d’Ivoire avant d’intégrer l’École de la magistrature. Au fil des années, il avait gravi les échelons de l’appareil judiciaire, construisant une carrière qui allait le conduire aux plus hautes responsabilités de l’État.

 Nommé Garde des Sceaux, ministre de la Justice, le 22 novembre 2012, il avait occupé cette fonction jusqu’au 12 janvier 2016, sous la présidence d’Alassane Ouattara.

Son passage au gouvernement intervient dans une période particulièrement sensible, marquée par la reconstruction institutionnelle après la crise postélectorale. À la tête du ministère de la Justice, il participe aux réformes destinées à renforcer le fonctionnement de l’appareil judiciaire et à restaurer la confiance dans les institutions.

En novembre 2014, il présente notamment un bilan des actions engagées pour améliorer les performances et la crédibilité de la justice ivoirienne.

 Une carrière au rayonnement africain

 L’engagement de Gnénéma Coulibaly dépasse les frontières nationales. En janvier 2015, il accède à la présidence du Conseil des ministres de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA).

Cette responsabilité régionale constitue une étape importante de son parcours. Elle l’associe aux efforts d’harmonisation des législations commerciales africaines, de sécurisation des investissements et de consolidation de l’environnement juridique des affaires.

Après son expérience gouvernementale, il poursuit sa carrière au sein de la magistrature, témoignant de son attachement à une institution à laquelle il avait consacré l’essentiel de sa vie professionnelle.

Au-delà du droit, Gnénéma Coulibaly cultivait également un intérêt pour la littérature et l’écriture. Ses textes, inspirés des réalités sociales et des traditions ivoiriennes, révélaient une sensibilité qui dépassait le cadre de ses fonctions officielles.

 L’héritage d’un serviteur de la République

 La disparition de Gnénéma Mamadou Coulibaly rappelle le rôle de celles et ceux qui, au fil des décennies, ont accompagné l’évolution des institutions ivoiriennes.

Magistrat, ministre puis haut responsable judiciaire, il aura connu les exigences de l’administration de la justice, les responsabilités de l’action gouvernementale et les enjeux de la coopération juridique africaine.

Son itinéraire restera associé à une période importante de la reconstruction institutionnelle du pays, mais également à une conception du service public fondée sur la continuité de l’engagement au-delà des fonctions politiques.

À l’heure où la justice ivoirienne poursuit ses efforts de modernisation, son parcours constitue un témoignage de l’expérience accumulée par les générations de magistrats qui ont contribué à faire vivre les institutions de la République.

Les circonstances exactes de son décès n’avaient pas été précisées publiquement au moment de l’annonce. Le programme des obsèques devrait être communiqué ultérieurement.

 

Un dernier hommage

 Avec Gnénéma Mamadou Coulibaly disparaît un homme dont la vie professionnelle aura été intimement liée à la justice ivoirienne. De la magistrature aux responsabilités ministérielles, puis aux instances juridiques africaines, il laisse derrière lui un parcours de service et de responsabilité.

À sa famille, à ses proches et à l’ensemble de la communauté judiciaire, vont les pensées de compassion et de solidarité en cette douloureuse circonstance.

Les fonctions passent, mais les parcours qui ont marqué les institutions demeurent dans leur mémoire.

Adieu, Monsieur le Ministre. Que la terre de Côte d’Ivoire, que vous avez servie, vous soit légère.

 Reposez en paix, Gnénéma Mamadou Coulibaly.

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