Économie

Mairie de Man : L’affaire des 349,6 millions FCFA relance le débat sur la gestion des finances municipales

Un nouveau développement judiciaire remet sous les projecteurs la gestion financière de la mairie de Man.

Par admin2 min de lecture
Partager
La mairie de Man
La mairie de Man

Dans l’affaire portant sur un montant de 349,6 millions FCFA, le régisseur Fofana Losseni a été placé en détention provisoire, selon les informations rendues publiques ce mardi. Une évolution importante dans un dossier qui, au-delà de son volet judiciaire, pose une question plus large sur les mécanismes de contrôle de l’argent public au sein des collectivités territoriales.

La détention provisoire ne constitue toutefois pas une condamnation. Le principe de la présomption d’innocence doit pleinement s’appliquer et il appartient à la justice d’établir les responsabilités éventuelles. Mais l’importance du montant évoqué donne à l’affaire une dimension particulière. Près de 350 millions FCFA représentent des ressources considérables à l’échelle d’une collectivité locale, où les besoins en voirie, assainissement, écoles, marchés, éclairage public et services de proximité restent importants.

Au-delà du cas de Man, cette affaire remet au centre du débat le contrôle des finances municipales en Côte d’Ivoire. Comment les recettes sont-elles collectées, enregistrées et reversées ? Quels contrôles interviennent entre le régisseur, les services financiers, l’ordonnateur et le comptable public ? Les mécanismes d’alerte permettent-ils de détecter suffisamment tôt d’éventuelles anomalies ? Les citoyens disposent-ils d’informations accessibles sur l’utilisation des ressources de leur commune ? Ces interrogations dépassent largement la procédure actuellement en cours.

La décentralisation donne aux collectivités des responsabilités croissantes dans le développement local et cette autonomie doit nécessairement s’accompagner d’une exigence renforcée de transparence. Les budgets municipaux représentent des routes à réhabiliter, des écoles à construire, des quartiers à assainir et des services publics à améliorer. L’affaire de Man pourrait ainsi devenir l’occasion d’un débat national sur la prévention, avec le renforcement des audits internes, la numérisation des recettes, la traçabilité des opérations et une publication plus régulière des comptes municipaux.

La justice devra désormais déterminer précisément les faits et établir les éventuelles responsabilités individuelles. Mais quelle que soit l’issue de la procédure, une question restera posée à toutes les collectivités ivoiriennes. À mesure que la décentralisation progresse et que les communes administrent davantage de ressources, les mécanismes de contrôle progressent-ils avec la même efficacité ? À Man comme ailleurs, la confiance des citoyens dépend aussi de leur certitude que chaque franc destiné au développement local est utilisé conformément à sa destination.

Ferdinand Yao

Dans nos dossiers

Partager

À lire aussi