Politique

BUDGET 2027 : LE PARLEMENT IVOIRIEN FACE À L’ÉQUATION DES AMBITIONS ÉCONOMIQUES ET DES URGENCES SOCIALES

La deuxième session ordinaire de l'Assemblée nationale planchera sur des sujets importants dont le vote du budget 2027.

Par admin2 min de lecture
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Patrick Achi, le président de l'Assemblée nationale
Patrick Achi, le président de l'Assemblée nationale

Entre impératifs de croissance, maîtrise des finances publiques et attentes sociales, l’examen du budget 2027 s’annonce comme un rendez-vous important pour la Côte d’Ivoire. Sous la présidence de Patrick Achi, l’Assemblée nationale est appelée à jouer pleinement son rôle dans l’analyse des orientations budgétaires et le contrôle de l’utilisation des ressources publiques. Une question demeure. Comment transformer les performances économiques nationales en améliorations concrètes des conditions de vie des populations ?

Le budget de l’État ne constitue pas seulement un exercice comptable. Il traduit des choix économiques, fixe les priorités nationales et engage l’avenir du pays. Dans un contexte marqué par les besoins croissants en infrastructures, en emplois et en services sociaux, les arbitrages pour 2027 devront concilier développement économique, discipline budgétaire et justice sociale.

La poursuite des investissements structurants reste essentielle. Routes, énergie, transport, industrialisation et transformation agricole constituent des leviers de croissance. Mais leur efficacité devra également se mesurer à leur impact sur la compétitivité des entreprises, le développement des territoires et la création d’emplois durables.

Sur le plan social, les attentes demeurent considérables. Éducation, santé, logement, accès à l’eau potable et pouvoir d’achat restent au cœur des préoccupations des ménages. L’enjeu n’est donc pas uniquement de déterminer combien l’État prévoit de dépenser, mais de garantir que les ressources mobilisées produisent des améliorations tangibles.

La jeunesse représente une autre priorité. Formation qualifiante, entrepreneuriat, financement des PME et insertion professionnelle devront occuper une place identifiable dans les orientations budgétaires. Une croissance durable suppose que les jeunes puissent accéder aux opportunités économiques qu’elle génère.

Selon les orientations présentées en juin 2026, les ressources de l’État pour 2027 sont provisoirement projetées à 18 466,1 milliards de FCFA, avec une croissance économique attendue de 6,5 % et des dépenses d’investissement estimées à 4 800,8 milliards de FCFA. Ces prévisions devront être précisées lors de la finalisation du projet de loi de finances.

Le défi est d’autant plus important que le Plan national de développement 2026-2030 prévoit près de 115 000 milliards de FCFA d’investissements, dont plus de 70 % attendus du secteur privé. La mobilisation effective des financements, la qualité de leur exécution et l’évaluation des résultats constitueront des enjeux déterminants.

Dans cette perspective, le Parlement dispose d’une responsabilité institutionnelle majeure. L’examen du budget doit permettre d’interroger la pertinence des choix gouvernementaux, la soutenabilité des engagements financiers et l’efficacité des dépenses publiques. Patrick Achi a d’ailleurs insisté, à l’ouverture de la session du 1er octobre, sur la nécessité de passer des moyens mobilisés aux résultats obtenus.

Le budget 2027 devra ainsi répondre à une double exigence. Préserver les équilibres financiers tout en maintenant les investissements nécessaires au développement, et faire en sorte que les ambitions nationales se traduisent en emplois, en services publics accessibles et en perspectives concrètes pour les populations.

Au-delà des chiffres et des projections, cette session parlementaire mettra à l’épreuve la capacité des institutions à relier les engagements financiers aux réalités quotidiennes des citoyens.

Car la véritable portée d’un budget national ne se mesure pas seulement aux milliards qu’il mobilise, mais aux transformations qu’il rend possibles dans la vie des populations.

 Karim Bamba

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