Économie

PND 2026-2030 :La Suisse se rapproche d’Abidjan, mais la vraie bataille sera celle du financement

Le Pnd 2026-2030 promet. Il va accélérer le développement de la Côte d'Ivoire

Par admin4 min de lecture
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Alassane Ouattara croit fort au Pnd 2026-2030
Alassane Ouattara croit fort au Pnd 2026-2030

Le PND 2026-2030 entre progressivement dans le temps décisif du financement. Alors que la Côte d’Ivoire prépare la mise en œuvre de son nouveau cycle de développement, la Suisse affiche sa volonté de renforcer sa coopération avec Abidjan. Un signal encourageant pour les autorités ivoiriennes, mais qui remet au premier plan une question incontournable. Comment financer les ambitions du prochain PND tout en préservant les équilibres financiers de l’État ?

L’intérêt suisse ouvre ainsi une séquence qui dépasse le cadre diplomatique. Pour Abidjan, l’enjeu sera de convertir la disponibilité de ses partenaires en investissements productifs, financements structurants, transferts de compétences et projets capables de produire durablement de la valeur sur le territoire national. Car derrière les annonces de coopération se jouera une bataille beaucoup plus concrète, celle des ressources nécessaires pour transformer les objectifs du PND en réalisations.

Le PND entre dans l’heure des arbitrages

Un plan de développement ne se mesure pas seulement à l’ambition des projets qu’il annonce. Sa crédibilité dépend aussi de la manière dont ils seront financés. Routes, énergie, industrie, agriculture, numérique, formation, santé, infrastructures et transformation locale nécessitent des ressources considérables. Le véritable défi du PND 2026-2030 sera donc de faire correspondre l’ambition économique aux capacités financières du pays.

La Côte d’Ivoire devra notamment rechercher un équilibre entre ressources publiques, investissements privés, partenariats public-privé, financements concessionnels et capitaux internationaux. Plus les sources seront diversifiées, moins la réalisation du programme dépendra d’un seul levier financier.

 La Suisse peut apporter davantage que des financements

 Dans cette perspective, la coopération avec la Suisse pourrait dépasser la seule question de l’argent. Son intérêt peut ouvrir des perspectives en matière d’investissement privé, de transfert de compétences, de formation professionnelle, d’innovation, de gouvernance économique ou encore d’accompagnement des entreprises.

Pour la Côte d’Ivoire, l’objectif devrait être clair. Chaque partenariat international doit contribuer à renforcer les capacités nationales et à produire des retombées mesurables sur l’économie réelle. Attirer des capitaux est nécessaire, mais attirer des capitaux capables de créer des emplois, de développer des filières locales et d’accroître la compétitivité du pays l’est davantage encore.

 Faire du secteur privé un moteur du prochain cycle

 Le financement du développement ne peut durablement reposer sur les seules ressources de l’État. Le prochain PND devra donc créer les conditions permettant au secteur privé ivoirien et international de prendre une part plus importante dans les investissements productifs.

Cela suppose un environnement des affaires prévisible, des procédures administratives plus rapides, une meilleure sécurisation des investissements et une sélection rigoureuse des partenariats public-privé. L’État pourrait ainsi concentrer davantage ses ressources sur les secteurs où son intervention demeure indispensable tout en mobilisant le capital privé pour les projets économiquement viables.

 Financer aujourd’hui sans fragiliser demain

 C’est probablement l’un des arbitrages majeurs des prochaines années. Chaque grand projet doit être évalué non seulement en fonction de son coût immédiat, mais également de sa capacité à générer de la croissance, des recettes, des emplois ou des gains de productivité.

La question n’est donc pas de renoncer au financement extérieur. Une économie en transformation a besoin de capitaux. L’enjeu est de privilégier autant que possible les ressources les moins coûteuses, les investissements productifs et les mécanismes permettant de partager les risques plutôt que de transférer systématiquement leur totalité sur les finances publiques.

 

Transformer les partenariats en résultats visibles

La coopération Côte d’Ivoire-Suisse pourrait ainsi devenir l’un des exemples de la diplomatie économique recherchée autour du PND 2026-2030. Mais le succès ne se mesurera pas au nombre d’accords annoncés ou de rencontres diplomatiques organisées. Il se mesurera aux entreprises créées, aux investissements effectivement réalisés, aux compétences transférées, aux emplois générés et aux infrastructures mises en service.

Faire du PND un pacte national d’investissement

C’est là que commence la véritable bataille du prochain PND. Mobiliser davantage de partenaires sans multiplier les dépendances, attirer les capitaux sans fragiliser les équilibres futurs et transformer chaque investissement en capacité productive supplémentaire pour l’économie ivoirienne. La coopération annoncée avec la Suisse peut contribuer à cette dynamique, à condition que les partenariats recherchés débouchent sur des investissements, des compétences, des emplois et une création de valeur durable en Côte d’Ivoire.

Mais le PND 2026-2030 ne pourra être seulement l’affaire de l’État et de ses partenaires extérieurs. Il doit devenir un véritable pacte national d’investissement. Gouvernement, secteur privé ivoirien, banques, investisseurs, collectivités, PME, entrepreneurs et partenaires au développement doivent pouvoir converger vers une même priorité, financer ce qui transforme réellement l’économie et améliore durablement les conditions de vie.

L’heure est donc à la mobilisation. À l’État de sécuriser les équilibres et de fixer les priorités. Au secteur privé de prendre toute sa place dans l’investissement productif. Aux partenaires internationaux d’accompagner la transformation plutôt que d’entretenir la dépendance. Et à chaque projet financé de démontrer son utilité économique et sociale.

 La Côte d’Ivoire dispose d’une ambition et suscite l’intérêt de partenaires. Elle doit maintenant convertir cette confiance en résultats. Le PND 2026-2030 devra être celui des projets réalisables, des financements soutenables, de l’emploi, de la transformation locale et des résultats visibles pour les populations.

Le défi est lancé. Il faut désormais faire de chaque partenariat une opportunité, de chaque financement un investissement productif et de chaque investissement une avancée concrète pour les Ivoiriens. C’est à ce prix que le prochain PND pourra devenir non seulement un plan de développement, mais un puissant accélérateur de souveraineté économique et de prospérité partagée.

 Ferdinand Yao

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