Économie

PND 2026-2030 :LA CÔTE D’IVOIRE FACE AU DÉFI D’UNE CROISSANCE QUI CHANGE RÉELLEMENT LA VIE

La Côte d'Ivoire qui compte devenir "une grande nation'' mise beaucoup sur le PND 2026-2030

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Le Pnd 2026-2030 suscite de réels espoirs de transformer la Côte d'Ivoire
Le Pnd 2026-2030 suscite de réels espoirs de transformer la Côte d'Ivoire

La Côte d’Ivoire ouvre avec le Plan national de développement 2026-2030 une nouvelle étape de sa transformation économique. Après plusieurs années marquées par d’importants investissements dans les infrastructures et une croissance soutenue, le défi dépasse désormais la seule performance des indicateurs macroéconomiques. Pour les populations, la véritable mesure du développement se trouve dans le quotidien, à travers le pouvoir d’achat, l’emploi, le logement, la santé, l’éducation, la mobilité et la capacité des familles à préparer sereinement leur avenir.

Le gouvernement poursuit la mobilisation autour du PND 2026-2030 avec l’ambition d’accélérer la transformation structurelle de l’économie ivoirienne. L’enjeu sera notamment de renforcer le secteur privé, d’améliorer la compétitivité, de développer l’industrie et la transformation locale, de moderniser les infrastructures et de consolider le capital humain. Derrière les investissements annoncés se pose cependant une question essentielle. Comment faire en sorte que la richesse créée soit davantage ressentie par les ménages ivoiriens ?

La Côte d’Ivoire a incontestablement changé de visage. Routes, ponts, échangeurs, infrastructures énergétiques, établissements scolaires, centres de santé et équipements structurants ont accompagné la modernisation du pays. Cette dynamique constitue un acquis important. Pourtant, une économie peut afficher de bonnes performances globales tout en laissant subsister chez une partie de la population un sentiment de fragilité économique. C’est précisément dans cet espace entre croissance nationale et réalité quotidienne que se jouera une partie de la réussite du prochain cycle de développement.

Le premier défi sera celui de l’emploi. Chaque année, de nombreux jeunes arrivent sur le marché du travail avec l’espoir de trouver une activité stable et suffisamment rémunératrice. La croissance devra produire davantage d’emplois formels, favoriser l’entrepreneuriat, renforcer la formation professionnelle et permettre aux petites et moyennes entreprises de devenir de véritables moteurs économiques. La jeunesse ne doit pas seulement observer la transformation du pays. Elle doit pouvoir en devenir l’un des principaux acteurs et bénéficiaires.

Le pouvoir d’achat constitue l’autre grande bataille. Pour une famille, la croissance prend véritablement son sens lorsqu’elle permet de mieux se nourrir, se loger, se soigner, scolariser les enfants et épargner. L’évolution des prix des produits de première nécessité, des loyers, du transport et des dépenses de santé demeure déterminante dans la perception du progrès. Le PND devra donc être apprécié non seulement à travers les investissements réalisés, mais également à travers l’amélioration effective du revenu disponible et des conditions de vie.

L’agriculture demeure une pièce maîtresse de cette ambition. La Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel considérable pour accroître la transformation locale de ses productions. Produire davantage reste important, mais transformer sur place permet de conserver une part supérieure de la valeur ajoutée, de créer des emplois industriels et de développer de nouvelles compétences. Cacao, anacarde, hévéa, coton, café et productions vivrières peuvent ainsi devenir des leviers encore plus puissants d’industrialisation et de création de richesses.

Cette transformation devra également concerner les territoires. Le développement ne peut durablement se concentrer dans quelques grands centres urbains. Les villes de l’intérieur et les zones rurales doivent bénéficier des investissements, des services publics, de la connectivité numérique, des infrastructures économiques et des opportunités d’emploi. Réduire les écarts territoriaux permettrait également de diminuer la pression démographique sur Abidjan et de faire émerger de nouveaux pôles régionaux de croissance.

La question sociale devient ainsi indissociable de la stratégie économique. Une croissance durable doit permettre de consolider progressivement une classe moyenne, de réduire la vulnérabilité des ménages et d’offrir de véritables perspectives d’ascension sociale. L’école et la formation professionnelle joueront un rôle décisif. Les compétences enseignées devront davantage correspondre aux besoins des entreprises et aux métiers créés par l’industrie, le numérique, l’énergie, la logistique, l’agriculture moderne et les nouveaux services.

 Le secteur privé devra également occuper une place centrale. L’État peut construire les infrastructures et définir les grandes orientations, mais la création massive d’emplois durables dépend largement de la capacité des entreprises à investir et à se développer. L’amélioration du climat des affaires, l’accès au financement des PME, la simplification administrative et l’émergence de champions nationaux constitueront donc des enjeux déterminants.

Le PND 2026-2030 devra enfin être accompagné d’une forte exigence de gouvernance et d’évaluation. Les citoyens voudront mesurer ses résultats à travers les emplois effectivement créés, l’insertion des jeunes, le développement des entreprises ivoiriennes, l’amélioration de l’accès aux soins et à l’éducation, la disponibilité des logements, l’accès à l’eau potable et surtout la progression réelle des revenus.

La Côte d’Ivoire dispose d’atouts considérables pour franchir une nouvelle étape de son développement. Mais après le temps des grandes infrastructures vient celui d’un défi peut-être encore plus exigeant, transformer davantage la croissance en progrès social perceptible par chaque citoyen.

À l’horizon 2030, la réussite ne se mesurera donc pas uniquement au nombre de kilomètres de routes construits, au volume des investissements mobilisés ou au rythme de progression du PIB. Elle se mesurera aussi dans le panier de la ménagère, le premier emploi d’un jeune diplômé, la prospérité d’un agriculteur, la croissance d’une PME et la capacité d’une famille à envisager l’avenir avec confiance. C’est à cette condition que le PND 2026-2030 pourra devenir un véritable contrat de progrès entre la croissance nationale et le quotidien des Ivoiriens.

Aimé Bialy

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