Économie

ORPAILLAGE CLANDESTIN DANS LE NORD :L’ÉTAT RENFORCE LA PRESSION POUR PRÉSERVER LES TERRES ET LES COURS D’EAU

Le septentrion ivoirien est confrontée au phénomène de l'orpaillage clandestin.

Par admin2 min de lecture
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L'or attise les appetits les plus voraces
L'or attise les appetits les plus voraces

 

La lutte contre l’orpaillage clandestin s’intensifie en Côte d’Ivoire. Dans le Nord du pays, de nouvelles opérations menées par les unités spécialisées ont conduit au démantèlement de sites d’exploitation illégale de l’or, notamment dans la zone de Tengréla. Cette offensive confirme la volonté des autorités de reprendre le contrôle d’espaces fragilisés par une activité devenue à la fois un problème minier, environnemental, économique et sécuritaire.

À Sissingué et Kanakono, sur les berges du fleuve Bagoué, des installations clandestines ont récemment été neutralisées. Ces interventions mettent en évidence l’implantation d’activités aurifères illégales dans des zones sensibles où les ressources en eau, les terres agricoles et les activités des populations locales peuvent être directement affectées. L’orpaillage clandestin ne se résume d’ailleurs plus à quelques exploitants isolés. L’utilisation d’équipements et l’organisation observée sur certains sites posent la question des moyens financiers mobilisés, des circuits d’approvisionnement et surtout des réseaux permettant d’écouler l’or extrait illégalement.

Les conséquences environnementales constituent une autre urgence. Le creusement anarchique des sols, la dégradation des terres, l’occupation des berges et les risques de pollution des cours d’eau peuvent profondément bouleverser les écosystèmes. Dans un pays où l’agriculture demeure essentielle à l’économie et aux moyens de subsistance de millions de personnes, préserver les terres productives et les ressources hydriques devient un enjeu stratégique.

La situation prend une dimension supplémentaire dans les régions septentrionales et frontalières. La mobilité des exploitants, la proximité des pays voisins et l’étendue des espaces à surveiller compliquent les opérations de contrôle. Ces réalités imposent une coopération accrue entre services de sécurité, administrations territoriales, autorités minières, collectivités locales et communautés riveraines.

La multiplication des interventions montre que l’État entend maintenir la pression. Mais le principal défi reste d’empêcher la réinstallation des exploitants après le démantèlement des sites. Une stratégie durable suppose donc une surveillance régulière des zones libérées, l’identification des réseaux de financement, le contrôle des circuits de commercialisation et l’application effective des sanctions prévues par la réglementation.

La Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel aurifère important et l’industrie minière représente une source croissante d’investissements, d’emplois et de recettes publiques. L’enjeu est d’empêcher que cette richesse nationale alimente parallèlement une économie clandestine susceptible de dégrader l’environnement et de fragiliser les communautés. La bataille contre l’orpaillage clandestin se jouera ainsi autant sur les sites d’extraction que dans les circuits économiques qui les alimentent. Protéger l’or ivoirien, c’est aussi protéger les terres, les cours d’eau, les populations et la souveraineté de l’État sur ses ressources naturelles.

Aminata Camara

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