Or ivoirien :Le GRAMCI plaide pour une accélération de la formalisation de la petite mine
Les acteurs du Gramci qui tiennent à booster leur formalisation ne veulent pas de confusion avec les orpailleurs clandestins.

La question de la formalisation de l’exploitation minière à petite échelle revient au centre du débat en Côte d’Ivoire. Le Groupement des acteurs miniers de Côte d’Ivoire (GRAMCI) plaide pour une accélération des procédures permettant aux opérateurs remplissant les conditions requises d’exercer légalement dans la petite mine, dans un contexte marqué par la poursuite de la lutte contre l’orpaillage clandestin.
Cette position intervient alors que les autorités ivoiriennes mènent depuis plusieurs années des opérations de démantèlement de sites d’exploitation illégale. Ces interventions visent à réduire les activités exercées sans autorisation ainsi que leurs conséquences sur l’environnement, les terres agricoles et les cours d’eau. Parallèlement à cette politique de répression, les professionnels du secteur mettent davantage l’accent sur l’accompagnement des acteurs souhaitant intégrer le circuit légal.
La distinction entre orpaillage clandestin et exploitation minière artisanale ou à petite échelle autorisée reste essentielle. L’exploitation légale est soumise à des procédures administratives et à des obligations techniques, environnementales et fiscales. La formalisation consiste donc à permettre aux opérateurs remplissant les conditions réglementaires d’exercer dans un cadre reconnu et contrôlé par l’État.
L’enjeu prend une importance particulière avec le développement du secteur aurifère ivoirien. La Côte d’Ivoire compte plusieurs mines industrielles en exploitation et de nouveaux projets en développement. Les pouvoirs publics affichent l’ambition d’accroître la contribution du secteur minier à l’économie nationale tout en renforçant le contenu local et la participation des entreprises ivoiriennes.
La traçabilité constitue parallèlement l’un des principaux défis de la filière. L’or extrait doit pouvoir être suivi depuis son lieu de production jusqu’aux circuits de commercialisation afin de mieux distinguer la production provenant d’exploitations autorisées de celle issue de sites clandestins et de renforcer le contrôle des transactions.
La question environnementale demeure également centrale. L’exploitation illégale de l’or peut entraîner la dégradation des sols, l’occupation de terres agricoles et la perturbation des cours d’eau. La formalisation ne consiste donc pas uniquement à délivrer des autorisations. Les exploitants légaux doivent respecter les normes applicables en matière de sécurité, d’environnement et de réhabilitation des sites.
Le débat concerne enfin la participation des entreprises et entrepreneurs ivoiriens à la croissance du secteur. Au-delà des grandes compagnies industrielles, la petite mine et les activités connexes peuvent constituer un espace économique pour les opérateurs nationaux, à condition qu’ils disposent des autorisations requises et respectent les règles encadrant l’activité.
La formalisation apparaît ainsi comme un complément à la répression. La lutte contre l’orpaillage clandestin vise à faire respecter la réglementation, tandis que la formalisation doit permettre aux opérateurs éligibles d’intégrer le secteur légal. Avec la montée en puissance de son industrie aurifère, la Côte d’Ivoire doit désormais concilier développement de la production, protection de l’environnement, recettes publiques, traçabilité et participation accrue des opérateurs nationaux.
La demande portée par le GRAMCI remet ainsi au premier plan une question déterminante pour l’avenir du secteur minier ivoirien : comment élargir l’économie minière légale tout en maintenant les exigences nécessaires à son contrôle et à la protection des populations et de l’environnement ?
Noura Abiba F
Dans nos dossiers
À lire aussi

Péril environnemental et sanitaire : L’appel de Nhassine Touré-Dosso contre l’orpaillage clandestin
L'élue de la Nation ne reste pas indifférente aux souffrances multiformes des populations à cause de l'orpaillage illégal.
1 septembre 2026 · 1 min

Menace économique : l’or clandestin cause 4 500 milliards FCFA de manque à gagner
L’or ivoirien connaît une expansion remarquable. Mais derrière la progression de l’industrie minière légale prospère une économie clandestine qui inquiète autant par son ampleur que par ses conséquences économiques, environnementales et sociales.
30 août 2026 · 3 min

ORPAILLAGE CLANDESTIN DANS LE NORD :L’ÉTAT RENFORCE LA PRESSION POUR PRÉSERVER LES TERRES ET LES COURS D’EAU
Le septentrion ivoirien est confrontée au phénomène de l'orpaillage clandestin.
27 août 2026 · 2 min

NIGER : L’URANIUM PASSE SOUS PAVILLON NATIONAL
L'uranium du Niger suscite de grandes convoitises. L'Etat résiste tant bien que mal.
25 août 2026 · 3 min