Économie

Cacao ivoirien : La traçabilité numérique à l’épreuve du terrain

Le cacao est une une matière importante pour l'économie ivoirienne

Par admin2 min de lecture
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un champ de cacao
un champ de cacao

La Côte d’Ivoire accélère la modernisation de sa filière cacao avec la généralisation de la carte électronique du producteur et le renforcement du dispositif de traçabilité. L’ambition est majeure, mieux identifier les producteurs, suivre les flux et rendre la commercialisation plus transparente. Mais le passage au numérique confronte acheteurs et coopératives à des difficultés d’adaptation, notamment dans la disponibilité et la maîtrise des équipements. Une réforme technologique ne peut réussir que si les acteurs disposent effectivement des moyens de l’appliquer.

 Une réforme stratégique pour le cacao ivoirien

 Pour une filière essentielle à l’économie ivoirienne, la traçabilité constitue un enjeu majeur. Identifier l’origine du cacao et suivre son parcours doivent permettre de renforcer la transparence et la capacité de la filière à répondre aux exigences du marché. Mais le système doit fonctionner jusque dans les zones de production et être maîtrisé par les acteurs chargés de l’utiliser quotidiennement.

 Le terrain rappelle les limites du numérique

 Une plateforme performante ne suffit pas si les équipements manquent ou si les utilisateurs rencontrent des difficultés dans leur utilisation. Le moindre dysfonctionnement peut perturber les opérations des producteurs, acheteurs et coopératives. La réussite dépendra donc autant de la technologie que de l’accompagnement humain. Formation, assistance technique et disponibilité des équipements deviennent des conditions essentielles.

 Ne pas faire payer la transition au producteur

 Une vigilance particulière doit être accordée aux producteurs. Le planteur ne devrait pas subir les conséquences commerciales d’un dysfonctionnement technique qu’il ne maîtrise pas. Une carte indisponible ou un équipement défaillant ne devrait pas devenir un obstacle durable à la commercialisation de sa production. La transition doit permettre de traiter rapidement les incidents tout en préservant la crédibilité du nouveau système.

 Équiper et former avant de contrôler

 La priorité doit désormais être de consolider le dispositif. Identifier les zones en difficulté, renforcer les équipements, multiplier les formations pratiques et mettre en place une assistance réactive permettraient de sécuriser la transition. Le contrôle reste nécessaire, mais il sera d’autant mieux accepté que chaque acteur aura reçu les moyens nécessaires pour respecter les nouvelles procédures.

 Faire de la traçabilité un atout

 L’enjeu dépasse finalement la carte électronique. La Côte d’Ivoire joue une partie importante de la modernisation de sa filière cacao. Une traçabilité efficace peut renforcer la transparence et la crédibilité du cacao ivoirien, mais cette ambition se gagnera d’abord dans les plantations, les coopératives et les points d’achat.La technologie doit simplifier la filière et non devenir une difficulté supplémentaire pour ceux qui la font vivre. Équiper, former, accompagner, corriger les dysfonctionnements puis contrôler avec rigueur, telle devrait être la priorité pour transformer la traçabilité numérique en véritable instrument de modernisation du cacao ivoirien.

 Ferdinand Yao

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