Culture

TOGODA, LÀ OÙ LA TERRE DEVIENT MÉMOIRE

Yaya Fofana propose une oeuvre majeure qui permet de revisiter l'histoire

Par admin3 min de lecture
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Yaya fofana est un auteur prolifique
Yaya fofana est un auteur prolifique

Du Djassa à Togoda, c’est aussi l’histoire des peuples, des migrations, des rencontres et des héritages qui ont façonné l’Afrique de l’Ouest. Après DJASSA, La Civilisation de la fraternité, Yaya Fofana poursuit avec TOGODA une réflexion littéraire sur la mémoire des peuples et la manière dont les sociétés se sont construites bien avant l’apparition des frontières contemporaines. À travers les siècles, l’Afrique de l’Ouest a été un espace de circulation. Des populations se sont déplacées. Des commerçants ont emprunté les grandes routes reliant les régions sahéliennes aux zones forestières. Des familles se sont installées loin de leurs premiers foyers. Des langues se sont rencontrées, des alliances se sont nouées et des communautés nouvelles sont apparues. L’histoire des peuples africains n’est pas seulement une histoire de territoires. Elle est aussi une histoire de mouvements, de rencontres et de transmission.

Le Djassa symbolise cette rencontre. Lieu d’échanges et de brassage, il rappelle ces espaces où le commerce dépassait la simple transaction économique. On y échangeait des marchandises, mais également des langues, des nouvelles, des connaissances, des pratiques et des manières de vivre. Dans cet univers de circulation s’inscrit notamment l’expérience historique des communautés marchandes dioula, profondément liée aux réseaux commerciaux ouest africains et aux relations établies entre différentes sociétés. Le Djassa raconte la rencontre des chemins. Togoda raconte ce que ces rencontres deviennent lorsqu’elles traversent le temps. Dans TOGODA, cette histoire prend la forme d’un village et de plusieurs générations.

 Depuis la fin du XIXᵉ siècle, des hommes et des femmes se rencontrent, fondent des familles, travaillent la terre, commercent et transmettent leur mémoire. Puis arrivent les bouleversements coloniaux, les nouvelles administrations, les frontières et, plus tard, les États indépendants. Les cartes changent. Les générations passent. Mais les liens humains demeurent. Avant que les frontières ne séparent administrativement les territoires, les routes avaient déjà rapproché les peuples. C’est ici que DJASSA et TOGODA se rejoignent. DJASSA, La Civilisation de la fraternité interroge la manière dont les échanges et la coexistence ont contribué à créer des espaces de fraternité. TOGODA, Là où la terre devient mémoire raconte comment cette histoire peut s’enraciner, devenir familiale et se transmettre d’une génération à l’autre. Le premier parle de la rencontre. Le second parle de l’héritage.

L’un observe les chemins qui rapprochent les peuples. L’autre raconte la terre sur laquelle leurs descendants apprennent à construire une histoire commune. Cette réflexion touche directement notre époque. Car connaître l’histoire des peuples ne devrait jamais servir à dresser les communautés les unes contre les autres. Elle devrait permettre de comprendre que les identités africaines se sont également construites par les déplacements, les voisinages, les échanges, les mariages, les solidarités et les influences réciproques. Aucun peuple ne comprend totalement son histoire en regardant seulement ses frontières actuelles. Pour comprendre les peuples, il faut aussi retrouver leurs chemins. Au cœur de TOGODA, le Cahier du Togoda devient alors le symbole de cette responsabilité. Transmettre, expliquer et préserver la mémoire sans l’utiliser pour diviser. Car une génération qui ignore les chemins empruntés par ses anciens, risque de transformer en étrangeté ce qui fut autrefois rencontre. Nous ne sommes pas seulement les héritiers d’une terre. Nous sommes les héritiers des chemins qui ont conduit nos ancêtres les uns vers les autres.

TOGODA, Là où la terre devient mémoire

Roman historique et initiatique

Dans le prolongement de DJASSA, La Civilisation de la fraternité.

Du Djassa à Togoda, des routes à la terre, des peuples aux générations, une même conviction demeure. La mémoire doit nous apprendre d’où nous venons sans nous empêcher de construire ensemble là où nous allons.

 

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