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SANTÉ EN CÔTE D’IVOIRE :PIERRE DIMBA FACE AU DÉFI DE LA PERFORMANCE HOSPITALIÈRE

Infrastructures, médicaments, CMU et modernisation des soins, les chiffres d’une transformation sanitaire.

Par Kader Diomandé4 min de lecture
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Dimba Pierre N'Gou , ministre de la Santé
Dimba Pierre N'Gou , ministre de la Santé

Construire des hôpitaux ne suffit pas à garantir la santé d’une nation. Encore faut-il que les équipements fonctionnent, que les médicaments soient disponibles et que les patients soient soignés à temps. C’est tout l’enjeu de la transformation sanitaire engagée en Côte d’Ivoire. Depuis 2021, sous la conduite du ministre Pierre N’Gou Dimba, le gouvernement accélère la modernisation des infrastructures et l’amélioration de l’accès aux soins. Entre investissements importants, avancées mesurables et difficultés persistantes, une exigence s’impose désormais, faire en sorte que chaque franc investi améliore concrètement la prise en charge des populations.

 DES INVESTISSEMENTS QUI CHANGENT L’ÉCHELLE DES AMBITIONS

 Avec un budget de 808,99 milliards de FCFA en 2026, contre 620 milliards en 2024, le ministère de la Santé enregistre une progression de ses ressources de 30,5 % en deux ans. Cette évolution accompagne un programme hospitalier national dont l’enveloppe globale annoncée dépasse 1 200 milliards de FCFA, consacré à la construction, à la réhabilitation et à l’équipement des établissements sanitaires. Ces montants correspondent à des périmètres distincts et ne représentent pas intégralement des dépenses déjà exécutées. Pour Pierre Dimba, le défi consiste à transformer ces moyens en services médicaux accessibles et performants.

 DE BOUAKÉ À ABOBO, UNE NOUVELLE GÉOGRAPHIE DES SOINS

 Inauguré en avril 2025, le Centre hospitalier régional de Bouaké représente un investissement annoncé de 40 milliards de FCFA. Doté de 150 lits et d’équipements spécialisés, il renforce l’offre médicale dans le Centre du pays. À Abobo, le futur CHU de 600 lits affichait, en septembre 2026, un taux d’avancement global de 42 %, avec un gros œuvre réalisé à 90 %. À Boundiali, un autre CHR de 150 lits, estimé à 40 milliards de FCFA, s’inscrit dans la politique de développement des capacités hospitalières du Nord. Ces projets visent à rapprocher les soins spécialisés des populations et à réduire les déplacements vers Abidjan.

 PLUS DE 3 450 STRUCTURES SANITAIRES SUR LE TERRITOIRE

 Selon le bilan gouvernemental d’avril 2026, la Côte d’Ivoire compte plus de 3 450 établissements sanitaires. La proportion de la population vivant à moins de cinq kilomètres d’un centre de santé est passée de 66 % en 2011 à 82 % en 2026. Le programme quinquennal annoncé prévoit 2 000 nouvelles structures de premier contact, la réhabilitation de 1 000 établissements, quinze hôpitaux généraux et neuf Centres hospitaliers régionaux. Ces objectifs doivent consolider le maillage territorial et améliorer l’accès aux prestations médicales.

 MÉDICAMENTS, LA BATAILLE DE L’APPROVISIONNEMENT

 La disponibilité des traitements demeure une priorité. En février 2026, Pierre Dimba s’est rendu à la Nouvelle Pharmacie de la Santé publique pour examiner les difficultés de stockage, de planification et de distribution. Il a notamment demandé l’accélération du déploiement du logiciel mSupply, destiné à améliorer la gestion des stocks. Dans le cadre du programme de renforcement sanitaire, le taux de satisfaction des commandes de médicaments est passé de 42 % à 72 %, soit trente points de progression. Cette amélioration doit désormais se traduire par une réduction durable des ruptures dans les établissements.

 ANTIRÉTROVIRAUX ET MALADIES INFECTIEUSES, LA CONTINUITÉ DES SOINS

 La prise en charge des personnes vivant avec le VIH exige une disponibilité permanente des antirétroviraux. Après la suspension de certains financements américains en 2025, Pierre Dimba avait annoncé un plan de contingence destiné à sécuriser les traitements, avec des stocks couvrant alors quatre mois de besoins. Cette situation passée ne permet pas de garantir les disponibilités actuelles, mais souligne l’importance d’une anticipation rigoureuse. La prévention de la rage et des autres maladies infectieuses impose également un approvisionnement régulier en vaccins et une prise en charge rapide des patients exposés.

 CMU, 25 MILLIONS D’ENRÔLÉS ET LE DÉFI DE L’ACCÈS EFFECTIF

 Le bilan présenté en juillet 2026 fait état de 25 millions de personnes enrôlées à la Couverture maladie universelle, avec un taux d’utilisation des prestations de 25 %. L’objectif gouvernemental est d’atteindre 30 millions d’enrôlés à la fin de l’année. Cette progression doit s’accompagner d’une meilleure information des bénéficiaires, d’une disponibilité accrue des médicaments couverts et d’une simplification des procédures de prise en charge.

 FORMATION ET SÉCURITÉ SANITAIRE, DES RÉFORMES COMPLÉMENTAIRES

 Selon les données gouvernementales d’avril 2026, les capacités annuelles d’entrée à l’Institut national de formation des agents de santé sont passées de 3 000 à 20 000 depuis 2021. Parallèlement, les opérations d’assainissement du secteur ont conduit à la fermeture de plus de 800 cliniques illégales. Ces mesures visent à renforcer les compétences des professionnels, la qualité des prestations et la sécurité des patients.

 LA MAINTENANCE, UN ENJEU DÉCISIF POUR LES HÔPITAUX

 La modernisation sanitaire ne saurait être durable sans une politique rigoureuse d’entretien des équipements. Un scanner immobilisé, un laboratoire indisponible ou une panne prolongée peuvent entraîner des retards de diagnostic et des dépenses supplémentaires pour les malades. Contrats de maintenance, budgets d’entretien, suivi technique et renouvellement des appareils doivent donc accompagner chaque investissement hospitalier.

 PIERRE DIMBA, LE CAP D’UNE SANTÉ PLUS PERFORMANTE

 Les investissements engagés, les infrastructures livrées et les programmes de réforme témoignent de l’ampleur de la transformation sanitaire ivoirienne. Sous la responsabilité de Pierre Dimba, leur réussite dépend désormais de la qualité du fonctionnement des établissements, de la disponibilité des traitements et de l’amélioration effective des conditions de prise en charge.

Le véritable progrès ne se mesure pas uniquement au nombre d’hôpitaux construits ou aux milliards mobilisés. Il se mesure à la capacité de soigner efficacement, de réduire les inégalités et de protéger durablement les populations.

Un hôpital construit est un engagement de l’État. Un hôpital qui fonctionne est un service rendu à la population. Un hôpital qui soigne et sauve des vies est la véritable mesure du progrès sanitaire.

C’est à cette exigence que devra répondre la transformation engagée sous la conduite du ministre Pierre N’Gou Dimba.

 Hamed Bakayoko

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