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Korhogo : le PDCI-RDA veut prouver que le Nord n’est pas une terre politique perdue

Le Pdci-Rda est un parti national. Il vient de le démontrer dans le Nord de la Côte d'Ivoire.

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Le Pdci a fait une démontration de force
Le Pdci a fait une démontration de force

En choisissant Korhogo pour une étape majeure de la célébration de ses 80 ans, le PDCI-RDA n’a pas seulement voulu commémorer son histoire. Le parti a aussi envoyé un signal dans une région où le rapport de force lui est moins favorable. Derrière l’anniversaire se dessine une volonté de renforcer sa présence dans le Grand Nord. Le choix de Korhogo n’est pas anodin. Avant le rassemblement du 12 septembre 2026, des responsables du PDCI-RDA avaient parcouru plusieurs localités pour mobiliser leurs structures. Au-delà de la célébration, le parti entend ainsi réaffirmer sa vocation nationale dans une zone où le RHDP dispose d’un ancrage important.

Une démonstration, pas encore une reconquête

La mobilisation constitue un signal, mais ne suffit pas à établir un changement du rapport de force électoral. Le véritable test pour Tidjane Thiam et son parti sera de consolider les structures locales, attirer de nouveaux militants et élargir leur audience. Dans le Nord comme ailleurs, l’héritage de Félix Houphouët-Boigny ne peut constituer à lui seul une stratégie. Le PDCI-RDA devra convaincre sur les préoccupations actuelles que sont l’emploi, l’agriculture, l’éducation, les infrastructures et les perspectives offertes aux jeunes.

 Sortir des bastions politiques

L’étape de Korhogo pose aussi une question plus large. Une formation qui aspire à gouverner doit pouvoir porter son projet sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones considérées comme favorables à ses adversaires. En investissant davantage le Grand Nord, le PDCI-RDA tente donc de dépasser les frontières électorales qui structurent depuis plusieurs années la vie politique ivoirienne. Pour y parvenir, les rassemblements devront s’accompagner de relais locaux crédibles et d’un travail politique permanent.

Le défi générationnel

À 80 ans, le PDCI-RDA possède une histoire considérable, mais doit désormais la transmettre sans en devenir prisonnier. Une grande partie des jeunes électeurs n’a connu ni l’indépendance ni les premières décennies du pouvoir de Félix Houphouët-Boigny. Leur adhésion dépendra davantage des réponses proposées sur l’emploi, la formation, le pouvoir d’achat et leur avenir que de la seule mémoire du parti. Le défi consiste donc à transformer l’héritage en projet.

Korhogo, et après ?

La célébration aura permis au PDCI-RDA d’afficher ses ambitions dans une zone stratégique. La suite sera plus déterminante que l’événement lui-même. Si cette dynamique se traduit par un renforcement durable des structures et une progression de son audience, Korhogo pourra apparaître comme une étape significative. Sinon, la rencontre restera avant tout une démonstration militante. Pour le PDCI-RDA, le véritable enjeu commence donc après Korhogo : convertir la mobilisation en présence durable et la présence en confiance électorale.

Ferdinand Yao

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