Interview/ Anicet Diago ( pdt de l’ADPCI ) : « Je suis candidat aux élections locales 2028 »
Installé en Europe et voayageant beaucoup à travers le monde où il tisse la toile pour son parti l’ADPCI, Anicet Diago a de grandes ambitions pour sa formation politique. Au quotidien , il met un point d’honneur à le structurer.

Pouvez-vous mieux nous présenter votre parti politique au niveau des raisons de sa naissance et des objectifs poursuivis ?
Tout d’abord, permettez-moi de me présenter. Je suis Anicet Diago, président-directeur général d’une société, président d’un club sportif, président d’une ONG et président du parti politique ADPCI, qui signifie Alliance pour le développement et la paix en Côte d’Ivoire.
Je vais brièvement vous présenter notre parti politique, qui a été créé le 25 novembre 2025. Notre objectif est très clair. Nous sommes un parti de droite, républicain et libéral. Nous sommes également en alliance avec le RHDP, le parti au pouvoir, avec lequel nous partageons pratiquement les mêmes idéologies.
C’est en ce sens que nous nous reconnaissons parmi les partis du groupement politique RHDP, qui se réclame de l’houphouëtisme. C’est ce qui explique notre positionnement à droite.
Le parti a commencé à prendre forme il y a environ deux ans. Toutefois, ses documents officiels datent du 25 novembre 2025, date à laquelle nous avons obtenu notre récépissé ainsi que l’agrément de notre formation politique.
La Côte d'Ivoire compte une ribambelle de formations politiques. L'on parle d'une centaine, que comptez-vous apporter de nouveau?
La Côte d’Ivoire est un pays républicain. Nous avons la République dans notre ADN. Nous ne sommes pas dans un royaume. Il est donc normal que notre pays compte une centaine de partis politiques ainsi que plusieurs mouvements politiques.
En tant que nouveau parti politique, qui n’a pas encore cinq ans d’existence, nous voulons apporter quelque chose de plus au paysage politique ivoirien. Et cette contribution repose principalement sur la paix et le développement.
Selon notre engagement politique, nous mettons particulièrement l'accent sur ces deux notions, car sans la paix, nous ne pouvons pas assurer le développement. Ces deux éléments vont ensemble. On ne peut pas envisager un meilleur développement sans un environnement de paix. Pour construire un pays stable, tranquille et paisible, il faut d’abord préserver la paix.
L’ADPCI, qui signifie Alliance pour le développement et la paix en Côte d’Ivoire, veut donc apporter un nouveau changement, notamment à une nouvelle génération, avec une nouvelle mentalité. Nous voulons surtout faire la politique autrement.
Cela signifie que nous ne voulons pas d’une politique de violence, de diffamation ou de divergences permanentes pour accéder au pouvoir, particulièrement à la magistrature suprême. C’est surtout autour de l’élection présidentielle que se posent de nombreux problèmes politiques en Côte d’Ivoire. À chaque échéance électorale, cette question suscite des tensions.
L’ADPCI veut donc apporter un nouveau dynamisme, contribuer au renouvellement de la classe politique et innover au profit de cette nouvelle génération qui souhaite s’engager dans la politique.
Depuis 2011 ,le Rhdp est au pouvoir. Quel regard d'ensemble pouvez-vous jeter sur la gouvernance du pouvoir Rhdp et du président Alassane Ouattara ?
Le RHDP est au pouvoir depuis 2011. Cela fait 16 ans qu’il gouverne la Côte d’Ivoire. Dans l’ensemble, je peux dire que le bilan est positif.
Il ne faut pas apprécier une gouvernance uniquement en fonction du nombre d’années passées au pouvoir. Le fait qu’un parti politique soit longtemps à la tête d’un pays ne signifie pas nécessairement que tout ce qu’il entreprend est une réussite. Ce qui compte, c’est sa maîtrise de la gouvernance.
On entend souvent dire que si le RHDP est resté longtemps au pouvoir, c’est forcément parce que tout a réussi. Ce n’est pas exactement cela. Il faut plutôt regarder la manière dont le pays est gouverné.
En ce qui me concerne, je pense que la gouvernance du RHDP est appréciable. On ne peut pas tout faire en même temps, mais lorsqu’on observe la situation de la population, on constate que les Ivoiriens vivent relativement tranquillement et vaquent à leurs occupations. Ils peuvent travailler et mener leurs activités dans un environnement relativement stable. Sur cet aspect, je pense que l’on peut apprécier les efforts réalisés.
La gouvernance est bonne dans la mesure où il y a du développement et de la sécurité. Certes, on ne peut pas tout avoir, mais dans l’ensemble, le bilan est positif. On peut l’encourager et l'apprécier.
Il faut également se rappeler les situations que nous avons connues sous les gouvernances précédentes. À certaines périodes, nous pensions que tout allait bien, alors que ce n’était pas forcément le cas.
Aujourd’hui, avec le RHDP au pouvoir, les choses évoluent progressivement. Le développement commence à s’étendre sur l’ensemble du territoire national. On n’entend plus les mêmes bruits de pistolets ni les mêmes histoires de désordre. Chacun peut vaquer librement à ses occupations. Nous ne sommes plus dans un pays où règne le désordre.
C’est une République et il faut la respecter et la considérer comme telle. La République doit également se faire respecter. À ce niveau, je pense que nous pouvons féliciter les efforts accomplis.
Concernant le président Alassane Ouattara, personnellement, je n’ai pratiquement rien à lui reprocher. Si nous connaissons aujourd’hui cette situation de paix et de développement, c’est aussi grâce à lui. Il a fourni des efforts et fait tout ce qu’il pouvait pour la Côte d’Ivoire. Il a donné au pays ce qu’il pouvait apporter et a placé la Côte d’Ivoire sur des rails. Il faut le reconnaître.
La rigueur, la discipline et le travail sont des valeurs fondamentales. Lorsque celui qui est le premier garant d’un pays porte ces valeurs dans son action, les choses peuvent rentrer dans l’ordre. Il ne doit pas y avoir de désordre.
Celui qui pense pouvoir faire tout ce qu’il veut doit savoir que la loi s'applique à tout le monde. La justice doit faire son travail et nul ne doit être au-dessus de la loi.
La gouvernance du RHDP est donc appréciable et il faut savoir le reconnaître. Il ne s’agit pas seulement de critiquer. À un moment donné, il faut aussi reconnaître les actions positives. Celui qui viendra après pourra assurer la continuité et, ensemble, nous pourrons poursuivre le développement de la Côte d’Ivoire.
Actuellement, il y a une vague de convocations de cadres de l'opposition par la justice. L'approuvez-vous ou pas ? Pourquoi ?
Dans l’actualité politique actuelle, il y a effectivement beaucoup de secousses et de turbulences au sein de la classe politique. Mais je pense que, par moments, il faut aussi passer par certaines étapes lorsqu’on veut construire un véritable État de droit et redresser les choses.
Lorsqu’on veut tout remettre en ordre, il faut commencer par les acteurs politiques. Il y a des politiciens qui ne cherchent pas nécessairement à unir le peuple et la population, mais qui pensent plutôt à leurs propres intérêts.
Lorsqu’un responsable politique commence à privilégier ses intérêts personnels, il oublie le pays. Quand on parle du ventre, on parle de quelque chose de personnel. Lorsqu'on s'appuie trop sur ses propres intérêts, on risque de ne plus penser aux autres.
Concernant les différentes vagues de convocations, je ne pense pas qu’il faille simplement les considérer comme des dispositions administratives ou de simples formalités. Pour moi, les convocations et les interpellations peuvent aussi être une manière d’éduquer et de rappeler certaines règles.
Prenons l’exemple d’une famille. Lorsqu’un enfant commet une faute, ses parents peuvent le mettre au piquet pour le corriger. Ce n’est pas parce qu’ils ne l’aiment pas, mais parce qu’ils veulent lui faire comprendre qu’il ne doit plus recommencer. C’est une forme d’éducation.
Je considère que les convocations et les sanctions peuvent avoir cette même fonction. Il s’agit d’interpeller les responsables politiques et de leur rappeler qu’ils ne sont pas des dieux sur terre. On peut être politicien, mais lorsqu’on commet une faute, il faut que la loi joue son rôle.
Il ne s’agit donc pas de dire que j’approuve ou que je désapprouve systématiquement ces mesures. La véritable question est de savoir si chacun respecte les règles et comprend que nul n’est au-dessus de la loi.
Il y a des personnes qui se croient intouchables, qu’il s’agisse de politiciens, de cadres, de personnalités publiques, d’autorités ou de ministres. Pourtant, lorsqu’on enfreint la loi, il faut savoir qu’elle s’applique à tout le monde.
On a parfois tendance à penser que ces convocations et ces arrestations concernent uniquement l’opposition, parce que les informations circulent très rapidement lorsqu’il s’agit des acteurs politiques. Mais il y a aussi des autorités qui sont arrêtées dans des affaires de détournement de fonds.
Pourquoi ces affaires ne font-elles pas toujours la une de l’actualité ? C’est parfois parce que les personnes concernées ne sont pas des politiciens ou des hommes publics connus.
En réalité, les vagues d’arrestations et les interpellations ne concernent pas uniquement l’opposition. Elles peuvent se produire dans différents milieux. Ce qui compte, c’est que la loi s’applique à tous, sans distinction.
Beaucoup d’opposants et certains observateurs de la classe politique estiment que le président Ouattara veut que son jeune frère Tene Birahima lui succède à la tête de l' Etat. Voyez-vous les choses ainsi? Pourquoi ?
Il y a actuellement une question qui préoccupe quelque peu les Ivoiriens. Certaines personnes avancent des informations sans nécessairement disposer de confirmations, puis les propagent. C’est aussi cela qui entretient certaines interrogations dans le pays : on ne dispose pas toujours de toutes les informations, mais on fait circuler des affirmations et parfois des suppositions.
Je pense notamment à la question de la succession du président Alassane Ouattara, avec les discussions autour de son frère, Téné Birahima Ouattara.
Pour moi, ce n’est pas une question de succession. Téné Birahima Ouattara est un homme politique et une personnalité de l’État de Côte d’Ivoire. C’est un Ivoirien comme tout autre. Il peut se présenter aux élections dès lors qu’il remplit les conditions nécessaires. Il est également un cadre d’un parti politique, en l’occurrence le parti au pouvoir.
Les gens insistent beaucoup sur le fait qu’il est le petit frère du président Alassane Ouattara, comme si ce lien familial devait automatiquement changer la nature
Serez-vous candidat en 2028 et en 2030 ?
Oui les élections 2028, il y aura encore des surprises lors des élections locales . Voilà, il y aura beaucoup de surprises. Aussi bien que les élections législatives, il y a eu des surprises, il y aura encore des surprises parce que la présidentielle et les locales sont très différentes. Les locales, c'est la mise à l'épreuve de de chaque candidat dans sa circonscription dans sa région. Ce n’est pas une affaire de présidentielle pour dire bon d'accord il y a un candidat d'adresse, voilà le président de la république il est seul unique. Mais les locales, il y a une vague de concurrence là-bas parce qu’il s’agit de savoir a pu faire quoi dans sa région. C'est là, la question qui se pose. Les élections riment avec qui a pu faire quoi dans sa région. Et qui serait capable de pouvoir faire quelque chose lorsque ce peuple lui donnera la chance de l'installer, est-ce qu'il va dignement représenter ce peuple. Donc, aujourd'hui tout le monde a compris que les élections ce n'est plus du jeu. Même une élection de chef du village ce n'est plus du jeu. Alors, tout est désormais sérieux. Alors pour les élections 2028, en ma qualité de président du parti politique ADPCI., j'ai les ambitions de me présenter. Au moment opportun je clarifierai très bien cette réponse. Pour l’instant, je peux juste dire que j'ai les ambitions. Je compte me présenter dans ma sous-préfecture, dans la sous-préfecture de Gagnoa. Alors pour les élections 2030, je n'ai pas d’ambitions pour les élections présidentielles mais pour les élections locales, j'ai les ambitions de présenter mon parti à tous les élections locales. Mais sauf les élections présidentielles parce que je suis un houphouëtiste. Alors mon papa peut-être en train de se présenter et ou peut-être mon papa va désigner un grand frère de la famille, je ne peux même pas m'opposer. Alors si le papa choisit un candidat au sein du RHDP avec lequel je suis en partenariat, je suis en alliance avec le RHDP, je suis de la maison du RHDP, je n'ai plus le droit de pouvoir me présenter en face comme adversaire. Donc, pour les élections présidentielles, je n'ai aucune ambition pour et je n'ai aucun projet pour les élections présidentielles. Mais pour les élections locales, j'ai le droit de me présenter pour sauver l'honneur de mon parti et donner encore un plus à mon parti parce que un parti déjà créé doit obligatoirement faire son possible pour avoir des postes politiques. Sans ce cela on ne peut pas l’appeler un parti politique.
Quel message de fin pouvez-vous faire passer ?
Nous voulons insister sur le fait que la Côte d’Ivoire nous appartient à tous. Seulement, chacun de nous passera et la Côte d’Ivoire. Alors, inscrivons chacune de nos actions dans le sens de solidifier l’Etat et permettre de laisser un bon héritage à la postérité.
Entretien réalisé par Joël Rabbi
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