Politique

RHDP :Siaka Ouattara écarté à Bondoukou, le début d’un crépuscule politique ?

Siaka Ouattara n'est plus sécrétaire departemental du RHDP à Bondoukou et Laoudi Ba

Par admin3 min de lecture
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Siaka Ouattara chute de haut
Siaka Ouattara chute de haut

Le couperet est tombé une nouvelle fois pour Siaka Ouattara. L’ancien président du Mouvement des Forces d’Avenir n’est plus secrétaire départemental RHDP de Bondoukou-Laoudi-Ba. Il est remplacé par Kouman Ouattara Abou dans le cadre du renouvellement de plusieurs responsables départementaux décidé par la direction du parti présidentiel. Derrière ce qui pourrait passer pour un simple réaménagement interne apparaît pourtant une succession de revers qui pose désormais une question beaucoup plus embarrassante pour l’ancien secrétaire d’État. Après avoir perdu la présidence du MFA au profit de Yaya Fofana, Siaka Ouattara est-il maintenant en train de perdre progressivement ses derniers leviers d’influence politique ?

Le parallèle est difficile à éviter. En août 2021, une grave crise interne avait conduit une partie des instances et de la base du MFA à porter Yaya Fofana à la présidence à la place de Siaka Ouattara. Celui-ci avait immédiatement contesté cette décision en la qualifiant de « forfaiture ». Depuis, le rapport de forces s’est profondément transformé. Yaya Fofana s’est progressivement imposé à la tête du MFA et intervient encore publiquement en 2026 en qualité de président du parti, tandis que Siaka Ouattara n’en exerce plus la direction.

Aujourd’hui, c’est au sein même de l’appareil départemental du RHDP que Siaka Ouattara subit un nouveau recul. La trajectoire devient politiquement difficile à ignorer. Hier, Siaka Ouattara perdait la bataille pour le contrôle du MFA. Aujourd’hui, il perd une responsabilité départementale du RHDP à Bondoukou. Ce ne sont certes ni les mêmes structures ni les mêmes circonstances, mais l’accumulation donne au tableau une dimension politique autrement plus lourde. Un responsable peut perdre un poste et rebondir. Lorsque les positions disparaissent successivement, c’est la question du poids politique réel qui finit inévitablement par se poser.

Le contraste avec Yaya Fofana devient encore plus saisissant. Celui qui occupait autrefois des responsabilités importantes au sein du MFA en assure aujourd’hui la présidence et porte publiquement la parole du parti. Pendant que Yaya Fofana travaille à repositionner le MFA dans les équilibres de la famille houphouëtiste, Siaka Ouattara perd désormais une position départementale dans son propre espace politique de Bondoukou. Deux trajectoires qui semblent aujourd’hui évoluer dans des directions opposées.

C’est précisément ce qui rend le remplacement par Kouman Ouattara Abou politiquement symbolique. Un secrétariat départemental n’est pas une décoration. Il signifie des militants à organiser, des responsables locaux à coordonner, une implantation à entretenir et une capacité de mobilisation à démontrer. En retirant cette responsabilité à Siaka Ouattara et en installant un nouveau responsable, le RHDP redistribue concrètement le pouvoir départemental.

La question devient alors brutale mais légitime. Que reste-t-il aujourd’hui du pouvoir politique de Siaka Ouattara ? Il ne dirige plus le MFA et il n’est plus secrétaire départemental RHDP de Bondoukou-Laoudi-Ba. Pris séparément, chacun de ces événements peut recevoir son explication. Mis bout à bout, ils dessinent cependant une trajectoire de recul qu’il devient difficile de présenter comme une simple coïncidence.

La politique est impitoyable avec les positions acquises. Un ancien titre ne mobilise pas les militants, une ancienne fonction ne contrôle pas une structure et une influence d’hier ne garantit jamais celle de demain. Siaka Ouattara a perdu le MFA face à Yaya Fofana. Il perd maintenant son secrétariat départemental RHDP à Bondoukou. La prochaine bataille sera donc celle de sa capacité à démontrer qu’il possède encore une base politique capable de peser sans ces deux instruments.

À Bondoukou, le RHDP a tranché. Siaka Ouattara sort, Kouman Ouattara Abou prend la place. Et après la présidence du MFA passée entre les mains de Yaya Fofana, ce nouveau revers donne à l’histoire une tout autre dimension. En politique, on peut perdre une fonction sans disparaître. Mais lorsque les fonctions se perdent les unes après les autres, vient inévitablement le moment où une question s’impose. Assiste-t-on à un simple passage à vide ou au crépuscule politique de Siaka Ouattara ?

Alassane Junior F

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