Politique

DE L'ÉDUCATION COMME PRIORITÉ À L'ÊTRE HUMAIN COMME FINALITÉ : LE « THIAMISME », MA GRILLE DE LECTURE

Nous arrivons aujourd’hui, au terme de ma serie de trois libres tribunes consacrées à PAR-DELÀ LA’FRIQUE ET LE MONDE DU PRESIDENT TIDJANE THIAM.

Par Kader Diomandé4 min de lecture
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Zadi zadi et Tidjane Thiam
Zadi zadi et Tidjane Thiam

Dans les deux premiers volets, nous avons exploré le parcours de Tidjane Thiam, les lieux de pouvoir qu'il a connus, la question du mérite et les barrières qui empêchent les talents de s'exprimer. Son ouvrage Par-delà l'Afrique et le monde propose une réflexion sur le pouvoir, le mérite et l'avenir de l'Afrique. Son sous-titre, Casser des barrières, construire des ponts, en résume le fil conducteur.

Au terme de cette lecture, une observation s'impose : le parcours et la réussite de Tidjane Thiam s'inscrivent dans une démarche fondée sur des principes, des convictions et une vision claire.

Comment rassembler ces principes dans une grille de lecture cohérente, susceptible d'inspirer et de rendre cette vision accessible au plus grand nombre ?

C'est à cette réflexion que je souhaite contribuer en proposant le concept de « THIAMISME ». Il ne s'agit pas d'une doctrine officiellement formulée par Tidjane Thiam, mais de ma propre grille de lecture de son parcours, de ses prises de parole et de sa conception du développement.

 

 LE « THIAMISME » ET SES PRINCIPES

 

 Le « thiamisme »

 

J'entends par « THIAMISME » une lecture humaniste de l'action politique et du développement, qui place l'être humain au centre des politiques publiques et fait de l'éducation un levier essentiel de l'égalité des chances et du progrès partagé.

 La réussite d'un pays ne se mesure pas seulement à sa croissance ou à son rayonnement, mais aussi à sa capacité à améliorer les conditions de vie, à libérer les talents et à offrir à chacun la possibilité de contribuer au développement national.

 Ses quatre principes fondamentaux

 

 L'être humain comme finalité

 Toute politique publique doit être évaluée à l'aune de ses effets sur les conditions de vie, les droits et les possibilités offertes aux citoyens. À Soubré, le 22 juin 2024, Tidjane Thiam a appelé à « mettre l'humain au centre de toutes nos actions ». J'en retiens l'essentiel : la croissance n'a de sens que si elle améliore concrètement la vie des populations.

 L'éducation comme priorité

 Le parcours de Tidjane Thiam illustre l'importance de la formation. L'enjeu dépasse la réussite individuelle : il s'agit de permettre à chaque enfant de développer ses capacités. Le 16 octobre 2026, il a martelé : « Éducation, éducation, éducation ». Pour la Côte d'Ivoire, cela implique d'améliorer les apprentissages, de renforcer la formation des enseignants et de rapprocher les formations des besoins de l'économie.

 L'égalité des chances comme exigence

 « Casser des barrières, construire des ponts », c'est rendre l'accès à l'éducation, à la formation, à l'emploi et aux responsabilités plus équitable. Le mérite ne devrait pas être réservé à ceux qui bénéficient des meilleures conditions de départ.

 Le progrès partagé comme horizon

 La croissance, l'investissement et l'ouverture doivent produire des bénéfices concrets : des emplois, des services publics efficaces et une amélioration durable des conditions de vie.

Ces quatre piliers forment un tout cohérent : l'éducation développe les capacités, l'égalité des chances permet de les mobiliser, le progrès partagé en diffuse les bénéfices et l'être humain en demeure la finalité.

  DE LA VISION À L'ACTION : UNE EXIGENCE DE RÉSULTATS

 Une vision politique prend toute sa portée lorsqu'elle se traduit en décisions, en engagements et en résultats mesurables.

 La restitution des travaux des groupes évoquée dans le volet précédent constitue une étape dans la construction d'un projet fondé sur la mobilisation des compétences et le travail collectif.

 Cette ambition doit se traduire en priorités précises, financées et évaluables : améliorer les apprentissages fondamentaux, réduire les inégalités entre les territoires, rapprocher la formation des besoins de l'économie et élargir l'accès à l'emploi et aux responsabilités.

  DANS LA CONTINUITÉ DE L'HÉRITAGE HOUPHOUËTISTE

 Cette réflexion rejoint la promesse du « progrès pour tous et du bonheur pour chacun ».

Comme indiqué dans le volet précédent, j'y vois une manière de prolonger l'action d'Henri Konan Bédié et de faire vivre certains principes de l'héritage houphouëtiste : la promotion du capital humain, le rassemblement, le dialogue et le progrès collectif.

Le « THIAMISME », tel que je le définis, associe compétence et responsabilité sociale, ambition économique et égalité des chances, exercice du pouvoir et amélioration des conditions de vie.

 CONCLUSION

 Le « THIAMISME » que je propose n'est pas une doctrine achevée, mais une grille de lecture personnelle et une invitation au débat sur les finalités du pouvoir et les conditions d'un développement inclusif.

Tidjane Thiam représente une opportunité de réflexion sur l'avenir de la Côte d'Ivoire et de sa jeunesse.

Le leadership NOUVEAU qu’incarne TIDJANE THIAM est celui qui sait décider et mobiliser les compétences. Il est aussi celui qui donne à chaque Ivoirien les moyens d'apprendre, de participer et d'agir pour son pays.

De l'éducation comme priorité à l'être humain comme finalité : telle est l'essence du « THIAMISME» que je propose de soumettre au débat public.

 

Zadi Zadi

Expert des questions de paix, de sécurité́ et de gouvernance ;

Conseiller régional de la Nawa

Cadre du PDCI RDA

 zadipatrickzadi@gmail.com

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