Politique

Zadi Zadi (cadre du pdci) : « Thiam porte une ambition au delà de sa personne, je le soutiens totalement »

Zadi Zadi Patrick Anderson est un cadre ivoirien , fils de la Nawa. Militant indéfectible du Pdci , il est conseiller régional de la Nawa. Dans cet entretien , il apporte son soutien sans réserve à Tidjane Thiam en cette période de turbulences que vit le parti octogénaire.

Par admin8 min de lecture
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Thiam et Zadi Patrick Anderson
Thiam et Zadi Patrick Anderson

Depuis quelque temps, le Président du PDCI-RDA fait l’objet d’attaques répétées. Comment les analysez-vous et quel est votre message ?

Je pense qu’en politique, il faut toujours privilégier le débat sur le fond et éviter que les personnes prennent le pas sur les idées. Lorsque le débat politique se transforme en attaques personnelles, nous risquons de nous éloigner des véritables préoccupations des Ivoiriens. Les Ivoiriens attendent de la classe politique des réponses à leurs difficultés, des perspectives pour leur jeunesse, davantage de justice sociale et une véritable vision pour l’avenir du pays.Le Président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, porte aujourd’hui une ambition qui dépasse sa personne : celle d’une Côte d’Ivoire rassemblée, apaisée et tournée vers l’avenir. C’est cette vision qu’il faut regarder, discuter et défendre. Pour ma part, je choisis de répondre aux polémiques avec sérénité. Nous ne devons pas nous laisser détourner de l’essentiel. Notre réponse doit être celle du travail, de la discipline, de la responsabilité et du respect des Ivoiriens. Je crois profondément qu’en politique, la meilleure manière de répondre aux controverses reste de travailler, de proposer et de convaincre. Les attaques peuvent faire du bruit pendant un moment. Mais, à la fin, ce sont les idées, le travail et la capacité à répondre aux attentes des populations qui font la différence.

 Beaucoup estiment que ces attaques peuvent également fragiliser l’unité du PDCI-RDA. Comment le parti peut-il préserver cette unité ?

 Le PDCI-RDA est une grande famille politique. Il a traversé de nombreuses périodes difficiles et a toujours su préserver l’essentiel : ses valeurs, son identité et sa capacité à rassembler. Aujourd’hui, notre responsabilité collective est de ne pas nous laisser entraîner dans les rumeurs, les polémiques ou les divisions. Nous devons respecter les instances du parti et faire confiance à sa direction légitime.ne signifie pas que nous avons tous eu les mêmes parcours ou les mêmes positions à chaque étape de notre engagement. L’unité signifie que, lorsque l’intérêt supérieur du parti et de la Côte d’Ivoire est en jeu, nous savons nous retrouver autour de l’essentiel. C’est cette maturité politique que j’appelle de mes vœux . Je crois que notre diversité peut être une richesse, à condition qu’elle soit mise au service d’un objectif commun. Un parti fort est un parti capable de dépasser ses différences pour regarder dans la même direction. Nous avons besoin d’un PDCI-RDA rassemblé, discipliné et tourné vers l’avenir. Les divergences peuvent exister dans une grande famille politique ; elles ne doivent jamais nous faire perdre de vue ce qui nous rassemble.

Quel appel lancez-vous aux cadres, aux jeunes et aux femmes du parti ?

J’appelle d’abord les cadres à la responsabilité, à la hauteur de vue et à l’exemplarité. Dans les moments importants, les cadres doivent être des acteurs de cohésion, d’apaisement et de rassemblement. Leur responsabilité est aussi de montrer le chemin par leur comportement. Nous devons comprendre que notre rôle ne consiste pas seulement à défendre nos propres positions. Nous avons aussi le devoir de préparer l’avenir du parti et du pays. Aux jeunes, je dis : ne laissez personne vous détourner de votre avenir. Engagez-vous, formez-vous, prenez vos responsabilités et faites entendre vos propositions. La politique ne doit pas être seulement une compétition entre générations. Elle doit aussi être un espace de transmission, de renouvellement et de responsabilité. Le renouvellement de la classe politique passera par vous. Mais ce renouvellement doit être préparé par la compétence, la formation, le travail et l’engagement sur le terrain. Aux femmes, je veux rendre hommage à leur engagement constant. Elles sont au cœur de la mobilisation et de la vie de notre parti. Je les encourage à poursuivre leur travail de proximité, d’écoute et de sensibilisation. L’héritage houphouëtiste auquel nous sommes attachés repose sur le dialogue, la paix, le travail et la fraternité. C’est par nos actes, et pas seulement par nos paroles, que nous devons faire vivre cet héritage.

 Au-delà des polémiques, quelle vision le Président Tidjane Thiam porte-t-il pour la Côte d’Ivoire ?

La vision que je défends avec le Président est celle d’une Côte d’Ivoire réconciliée, prospère et respectée, où chaque citoyen, quelle que soit son origine, sa région ou son appartenance politique, peut se sentir pleinement chez lui. Nous devons consolider une véritable culture du dialogue et de l’écoute, renforcer la justice sociale et faire en sorte que le développement bénéficie à l’ensemble du territoire. Il faut également remettre l’humain au cœur de l’action publique : une école de qualité, un système de santé accessible, davantage d’opportunités pour notre jeunesse et une agriculture mieux valorisée. La question du développement humain doit également occuper une place centrale dans notre réflexion sur l’avenir du pays. Le Président Tidjane Thiam avait notamment abordé la question de l’Indice de développement humain lors de son passage à Soubré en juin 2024. Cette approche rappelle une chose essentielle : le développement d’un pays ne se mesure pas uniquement à ses infrastructures ou à ses indicateurs économiques. Il doit aussi se mesurer à la qualité de vie de ses populations, à l’accès aux services essentiels et aux opportunités offertes à chacun. C’est une vision du développement qui remet l’Ivoirien au centre. Au final, c’est une politique de rassemblement que nous voulons porter. Une politique qui regarde vers l’avenir et qui permet à notre pays de dépasser progressivement les divisions du passé.

  Quels seraient, selon vous, les trois chantiers prioritaires pour réconcilier et développer la Côte d’Ivoire ?

 Je retiens trois priorités.  Premièrement, la réconciliation nationale. Nous devons favoriser un dialogue politique sincère et inclusif afin d’apaiser durablement le climat politique et de créer les conditions d’échéances électorales sereines. Deuxièmement, l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes. Notre jeunesse représente une formidable richesse. Elle a besoin de formation, de financement, d’accompagnement et surtout de perspectives concrètes. Nous devons permettre à cette jeunesse de ne pas seulement attendre un emploi, mais aussi de pouvoir créer de la valeur, entreprendre et participer pleinement au développement du pays. Troisièmement, le pouvoir d’achat et l’agriculture. Nous devons mieux soutenir nos producteurs, renforcer la transformation locale et faire en sorte que ceux qui travaillent la terre puissent vivre dignement de leur activité. Dans le même temps, la question du coût de la vie doit rester au cœur de nos préoccupations. Ces trois priorités sont étroitement liées. Il n’y aura pas de développement durable sans cohésion sociale, et il n’y aura pas de cohésion durable sans perspectives pour notre jeunesse. Ces questions font partie des axes de réflexion sur lesquels le PDCI-RDA travaille dans la préparation de son projet de société. Lorsque ce travail sera finalisé et présenté par les instances compétentes du parti, les Ivoiriens pourront en apprécier les propositions dans leur ensemble

  Vous étiez candidat indépendant aux dernières législatives à Okrouyo. Le PDCI-RDA a perdu le siège. Quels sont aujourd’hui vos plans pour permettre au parti de le reconquérir ?

Je crois d’abord qu’il faut avoir l’humilité de tirer les enseignements de cette défaite. Une défaite électorale ne doit pas être une source de divisions ou de règlements de comptes. Elle doit être une occasion de comprendre, de corriger et de repartir plus fort. J’ai été candidat indépendant à Okrouyo et cette expérience m’a permis de mieux connaître encore les réalités de la circonscription, les attentes et les préoccupations de nos populations. Aujourd’hui, cette expérience me donne une responsabilité particulière et un objectif clair : contribuer à la reconquête du siège par le PDCI-RDA. Pour y parvenir, je pense que nous devons travailler sur trois axes. Le premier, c’est le rassemblement. Nous devons réunir les forces du PDCI-RDA dans la circonscription. Les divergences d’hier ne doivent pas devenir les divisions de demain. Je suis prêt à mettre mon expérience, mes relations et ma connaissance du terrain au service de ce rassemblement. Le deuxième, c’est le terrain. Une élection se gagne aussi dans la proximité. Il faut être présent dans les villages, dans les quartiers, auprès des jeunes, des femmes, des agriculteurs, des chefs de communauté et de toutes les composantes de la population. Il faut écouter avant de parler et comprendre les préoccupations avant de présenter des solutions. Le troisième, c’est la méthode. Nous devons proposer aux populations un projet concret pour Okrouyo : agriculture, infrastructures, accès aux services sociaux de base, emploi des jeunes, autonomisation des femmes et développement local. La reconquête ne se fera pas uniquement avec un discours politique. Elle se fera avec une présence constante, une écoute attentive et une capacité à répondre aux préoccupations réelles des populations. Je veux également dire à la base militante d’Okrouyo, ainsi qu’aux cadres et responsables du parti, que je ne suis pas dans une logique de revanche personnelle. Je suis dans une logique de reconquête collective. Je ne veux pas que les différences d’hier nous empêchent de construire les victoires de demain. Je suis prêt à prendre ma part de responsabilité dans cette dynamique, avec humilité et détermination. Cette reconquête ne sera la victoire ni d’un individu ni d’un clan. Ce sera la victoire du PDCI-RDA, de ses militants et des populations d’Okrouyo. Mon ambition aujourd’hui est simple : reconstruire la confiance, rassembler les forces et contribuer à reconquérir le siège.

 Que retenir de cet entretien ?

Avant de terminer, je voudrais d’abord vous remercier de m’avoir donné la parole. Le Président François Mitterrand disait qu’il y a des silences qui sont bons, mais qu’il y a aussi des silences qui, lorsqu’ils conduisent à taire l’essentiel, peuvent finir par désagréger une famille. Je crois que, dans les moments importants, comme celui que traverse le PDCI-RDA, il me fallait rompre le silence pour inviter tous les militants à nous retrouver autour de l’essentiel. C’est dans cet esprit que je prends aujourd’hui la parole. J’apporte au Président du PDCI-RDA un soutien total, entier et sans ambiguïté. Mais ce soutien est avant tout un engagement de responsabilité. Je veux le traduire par le travail, la mobilisation, l’écoute, la proximité avec les populations et le respect de tous. À la base militante, je veux dire simplement : Restons debout. Restons unis autour de notre Président, Tidjane Thiam. Et restons concentrés sur l’essentiel. Ne nous laissons pas détourner de notre objectif par les polémiques. Allons sur le terrain. Parlons aux Ivoiriens. Écoutons leurs préoccupations. Convainquons par nos propositions, par notre comportement et par notre capacité à rassembler. Nous devons être une force de proposition, une force de cohésion et une force d’espérance. La victoire politique ne se décrète pas. Elle se construit dans l’unité, dans la discipline, dans le travail et dans la confiance. Et surtout, gardons à l’esprit une chose : nous ne travaillons pas seulement pour gagner une élection. Nous travaillons pour servir la Côte d’Ivoire et préparer son avenir. C’est pourquoi je veux que notre engagement politique soit à la hauteur des attentes de nos compatriotes. La Côte d’Ivoire mérite que nous soyons à la hauteur de ses attentes.

Entretien réalisé par Joël Rabbi

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