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24 ans après le 19 septembre 2002 : la Côte d’Ivoire face au défi d’une mémoire partagée

La date du 19 septembre 2002 reste encore gravée comme le point de départ de situations difficultueuses pour la Côte d'Ivoire

Par admin2 min de lecture
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Des soldats du MPCI à Bouaké
Des soldats du MPCI à Bouaké

Vingt-quatre ans après le 19 septembre 2002, la Côte d’Ivoire a retrouvé la stabilité et une vie nationale largement pacifiée. Mais une question demeure : le pays est-il parvenu à construire une mémoire commune de cette période qui l’a profondément divisé ? Le 19 septembre 2002 reste une date majeure de l’histoire contemporaine ivoirienne. La tentative de coup d’État devenue rébellion armée avait entraîné une partition du territoire et ouvert plusieurs années de confrontation politique et militaire. Depuis, le pays a parcouru un long chemin. Les anciennes lignes de séparation ont disparu et l’espace national est réunifié. Mais retrouver la paix ne signifie pas nécessairement avoir réconcilié toutes les mémoires.

 Des récits encore différents

 Plus de deux décennies après les événements, les interprétations divergent encore sur les causes, les responsabilités et les conséquences de la crise. Ces différences deviennent problématiques lorsqu’elles empêchent l’émergence d’un socle historique suffisamment partagé.La Côte d’Ivoire pourrait approfondir ce travail en donnant davantage de place aux archives, aux chercheurs, aux témoignages contradictoires et aux victimes. La mémoire nationale ne devrait appartenir ni aux vainqueurs ni aux vaincus, mais à la Nation.

 De la réconciliation à la mémoire

 Plusieurs initiatives de dialogue, de justice et de réconciliation ont accompagné la sortie des crises. Une étape reste cependant essentielle : permettre aux différentes mémoires de contribuer à une histoire nationale transmissible aux générations futures.Cela suppose de préserver les archives, recueillir les témoignages et renforcer le travail des historiens. Il ne s’agit pas d’imposer une vérité officielle, mais de distinguer autant que possible les faits établis des interprétations politiques.

 Transmettre aux nouvelles générations

 Une grande partie de la jeunesse ivoirienne actuelle n’était pas née en septembre 2002. Pour elle, la rébellion, la partition du territoire et les années de confrontation appartiennent déjà à l’histoire.Sans transmission rigoureuse, cette mémoire risque d’être progressivement remplacée par les récits partisans, les raccourcis des réseaux sociaux et les blessures héritées. Vingt-quatre ans après, l’enjeu n’est donc plus seulement de comprendre comment la Côte d’Ivoire est sortie de la crise, mais de savoir ce qu’elle veut en transmettre. La paix permet de recommencer à vivre ensemble. Une mémoire partagée peut aider une Nation à comprendre pourquoi elle s’est déchirée et à préserver durablement ce qui l’unit.

 

Karim Bamba

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