Économie

Transport maritime :La nouvelle caution conteneur de CMA CGM met la trésorerie des importateurs sous pression

Le transport maritime occupe une place importante dans l'activité économique ivoirienne.

Par admin2 min de lecture
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Le transport maritime est une activité importante
Le transport maritime est une activité importante

Depuis le 7 septembre 2026, une nouvelle disposition appliquée par CMA CGM Côte d’Ivoire modifie les conditions de mise à disposition de certains conteneurs à l’importation. Pour les demandes de transport en propre moyen, un dépôt de caution préalable est désormais exigé avant la remise du Delivery Order, document indispensable à la poursuite des formalités de sortie. Les entreprises disposant d’une caution permanente ne seraient toutefois pas concernées par cette nouvelle exigence.

Les montants annoncés donnent immédiatement la mesure de l’enjeu financier. Pour un conteneur Dry de 20 pieds, la caution est fixée à 1 million FCFA, contre 2 millions FCFA pour un 40 pieds Dry ou High Cube. Elle atteint 2,5 millions FCFA pour un Reefer de 20 pieds et 5 millions FCFA pour un Reefer de 40 pieds. Les équipements spéciaux sont également concernés, avec des cautions pouvant atteindre plusieurs millions de FCFA. Il s’agit bien d’une caution et non d’une nouvelle taxe ou d’un supplément de fret, mais pour les entreprises, l’impact immédiat se situe au niveau de la trésorerie.

Un importateur réceptionnant cinq conteneurs Dry de 40 pieds doit ainsi pouvoir mobiliser 10 millions FCFA uniquement au titre des cautions, en plus du fret, des droits et taxes, des frais portuaires, du transport terrestre et des autres dépenses liées à l’opération. Pour cinq conteneurs frigorifiques de 40 pieds, l’immobilisation peut atteindre 25 millions FCFA. Ces sommes ont vocation à être récupérées selon les conditions de restitution applicables, mais elles doivent d’abord être disponibles. Pour les PME disposant d’une trésorerie limitée, cette contrainte peut devenir particulièrement lourde.

Cette évolution remet au premier plan une question fondamentale pour la compétitivité du commerce extérieur ivoirien. Comment sécuriser les équipements appartenant aux compagnies maritimes sans provoquer une immobilisation excessive des ressources financières des entreprises ? La caution répond à un besoin de garantie concernant la restitution des conteneurs, mais son impact économique dépendra également de la simplicité des procédures et surtout de la rapidité de remboursement. Plus la restitution des cautions tarde, plus le coût indirect supporté par les opérateurs augmente.

Le débat dépasse ainsi la seule compagnie CMA CGM et concerne l’ensemble de la chaîne logistique ivoirienne. Dans un pays qui ambitionne de consolider Abidjan comme plateforme portuaire et logistique majeure de l’Afrique de l’Ouest, chaque coût supplémentaire, chaque délai et chaque immobilisation financière peuvent affecter la compétitivité. Importateurs, transitaires, transporteurs, consignataires et armateurs ont donc intérêt à disposer de procédures prévisibles, rapides et transparentes.

Cette nouvelle caution conteneur constitue finalement davantage qu’une modification technique. Elle pose la question de l’équilibre entre la sécurisation des équipements maritimes et la préservation de la trésorerie des entreprises. Une concertation entre les différents acteurs permettrait d’en mesurer les effets réels et d’identifier, si nécessaire, des mécanismes garantissant les conteneurs sans fragiliser les opérateurs qui font quotidiennement vivre le commerce extérieur ivoirien.

 Marlone Agnero

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