Économie

GOUVERNANCE ÉCONOMIQUE :LA CÔTE D’IVOIRE GRIMPE DANS LE CLASSEMENT AFRICAIN, LE DÉFI DU PROGRÈS SOCIAL DEMEURE

La Côte d'Ivoire , c'est un truisme de le dire , soigne sa gouvernance économique et réalise des performances remarquables.

Par admin3 min de lecture
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Abidjan , la capitale économique rayonne
Abidjan , la capitale économique rayonne

La Côte d’Ivoire consolide sa position parmi les économies africaines les mieux évaluées en matière de politiques publiques et de gouvernance institutionnelle. Avec un score passé de 3,9 en 2024 à 4,0 en 2025 dans l’évaluation CPIA de la Banque mondiale, le pays confirme sa progression. Présentée au deuxième rang africain et au premier rang ouest-africain parmi les pays évalués, cette performance renforce sa crédibilité économique. Mais une interrogation demeure. Comment transformer ces avancées institutionnelles en améliorations concrètes des conditions de vie des populations ?

 Les résultats rendus publics le 9 octobre 2026 mettent en évidence les progrès enregistrés dans l’évaluation des politiques et institutions nationales, connue sous l’acronyme CPIA. Cet instrument de la Banque mondiale apprécie la gestion économique, les politiques structurelles, l’inclusion sociale et la gouvernance du secteur public. La progression de 0,1 point, bien que modeste, traduit une amélioration de l’appréciation portée sur les politiques publiques ivoiriennes.

Cette évolution intervient dans un contexte de modernisation des infrastructures, de mobilisation accrue des recettes fiscales et de poursuite des réformes économiques. Elle reflète les efforts engagés pour renforcer la stabilité macroéconomique, améliorer la gestion publique et consolider le cadre institutionnel.

 

Une reconnaissance internationale qui renforce la crédibilité économique

 

Pour un pays engagé dans d’importants programmes d’investissement, la qualité de la gouvernance constitue un facteur déterminant. La prévisibilité des politiques économiques, la maîtrise des finances publiques et la capacité à conduire les réformes influencent les appréciations des partenaires techniques et financiers. La progression ivoirienne peut ainsi conforter la confiance des partenaires, sans garantir automatiquement de nouveaux investissements.

Le classement mérite toutefois une précision. L’évaluation CPIA concerne principalement les pays éligibles aux financements de l’Association internationale de développement, et non l’ensemble des économies africaines. La deuxième place attribuée à la Côte d’Ivoire doit donc être comprise dans ce périmètre particulier.

 

Des performances institutionnelles encore confrontées aux réalités sociales

 

Les classements internationaux ne suffisent pas à mesurer le quotidien des citoyens. Le coût de la vie, l’emploi des jeunes, l’accès aux soins, la qualité de l’enseignement et les disparités territoriales demeurent des préoccupations majeures. Une gouvernance mieux évaluée doit progressivement produire des services publics plus efficaces, des opportunités économiques élargies et une meilleure redistribution des fruits de la croissance.

 La véritable réussite résidera dans la capacité à établir un lien visible entre les réformes institutionnelles et le progrès social. Une économie performante ne se mesure pas uniquement à ses indicateurs macroéconomiques, mais également à sa capacité à améliorer durablement les revenus, les conditions de travail et les perspectives des populations.

 

Trois priorités pour transformer les acquis en résultats

 

La première priorité concerne l’efficacité de la dépense publique. Les investissements doivent répondre aux besoins réels des populations, avec des mécanismes rigoureux de suivi, d’entretien et d’évaluation. La qualité des infrastructures et leur utilité économique doivent primer sur la seule importance des budgets engagés.

 La deuxième priorité porte sur le développement du secteur privé national. Les petites et moyennes entreprises ont besoin d’un accès facilité au financement, de procédures administratives simplifiées et d’un environnement économique prévisible. Leur croissance demeure essentielle pour créer des emplois durables et diversifier l’économie.

 La troisième priorité concerne l’équité territoriale et sociale. Les progrès économiques doivent bénéficier aux grandes agglomérations comme aux villes secondaires et aux zones rurales. L’accès à l’eau potable, à l’électricité, à la santé, à l’éducation et aux infrastructures productives constitue un véritable indicateur de l’efficacité des politiques publiques.

 

Au-delà des classements, l’exigence des résultats

 

La progression de la Côte d’Ivoire dans l’évaluation CPIA représente une reconnaissance des efforts accomplis et un encouragement à poursuivre les réformes. Elle rappelle également que la crédibilité économique doit s’accompagner de transparence, de responsabilité administrative et d’une évaluation permanente des politiques publiques.

 Le défi ivoirien n’est plus seulement de progresser dans les classements internationaux, mais de faire de ces performances un levier de transformation économique et sociale. Car, au-delà des chiffres et des distinctions, la meilleure gouvernance n’est pas seulement celle que saluent les institutions internationales. C’est celle dont les citoyens ressentent les effets dans leur vie quotidienne.

 Ferdinand Yao

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