Blé : le segment de la transformation se renforce
La Côte d’Ivoire représente le deuxième marché pour le blé au sein de l’UEMOA après le Sénégal. La croissance de la demande, aussi bien sur le marché domestique que sous‑régional, soutient le développement du segment de la transformation.

En Côte d’Ivoire, les capacités industrielles de transformation du blé se renforcent avec un nouveau complexe meunier en 2026. Le groupe turc Alapala a en effet annoncé au début du mois d’août avoir achevé la conception, la fourniture des équipements et la construction de ce complexe intégré pour le minotier Moulin Sako.
Selon les informations relayées par le média Grain Feed & Milling Magazine, la nouvelle installation comprend un moulin de farine de blé d’une capacité de production de 250 tonnes par jour et six silos de stockage de céréales disposant chacun d’une capacité de 2500 tonnes pour une capacité totale de stockage de 15 000 tonnes.
La mise en service de cette nouvelle unité industrielle vient renforcer les capacités de production de farine de blé en Côte d’Ivoire. Elle illustre également le dynamisme de la demande pour le blé et ses dérivés, qui continue de susciter l’intérêt des industriels.
Un marché domestique en pleine croissance
En Côte d’Ivoire, le blé s’impose actuellement comme la troisième céréale consommée après le riz et le maïs et prend de plus en plus de place dans les habitudes de consommation. Les données compilées par le département américain de l’agriculture (USDA) montrent que la consommation de blé dans le pays a grimpé de près de 34 % en l’espace de trois ans, passant de 580 000 tonnes en 2022/2023 pour s’établir à près de 777 000 tonnes durant la campagne de commercialisation de 2025/2026. L’organisme américain s’attend d’ailleurs à ce que ce volume augmente à 806 000 tonnes en 2026/2027.
La Côte d’Ivoire ne produisant pas de blé, la totalité de la céréale transformée par les minoteries est importée. En outre, la quasi‑totalité du blé transformé dans le pays est convertie en farine de boulangerie pour la production de pain, avec de plus petites quantités utilisées dans la pâtisserie et la biscuiterie. Le reste est utilisé dans l’alimentation animale et pour d’autres usages. « Le secteur de la boulangerie génère environ 167 millions de $ de revenus annuels et continue de croître, porté par la trajectoire d’urbanisation du pays », estime l’USDA dans son dernier rapport sur le marché ivoirien des céréales. Cette dynamique de croissance peut justifier l’intérêt des industriels à augmenter leur capacité de transformation.
Des intérêts à l’exportation ?
Le marché ivoirien ne se limite toutefois pas à la demande domestique. Grâce au port d’Abidjan et à ses corridors routiers vers l’intérieur de la région, le pays sert également de point de redistribution du blé et de ses produits dérivés vers plusieurs marchés ouest-africains, notamment ceux des pays enclavés.
Les données commerciales compilées par l’USDA confirment des réexportations ivoiriennes de blé et de produits dérivés totalisant 65 034 tonnes en 2024/2025, soit une hausse de 18 % par rapport aux 55 172 tonnes de 2023/2024.
« Le Burkina Faso demeure la destination de loin dominante, représentant 52 881 tonnes (81 % du total des réexportations) sur l’année close en juin 2025. Le Togo (4500 tonnes), le Ghana (3773 tonnes), le Sénégal (1205 tonnes) et la Guinée (558 tonnes) constituent des marchés secondaires », peut-on lire dans le rapport de l’USDA.
Avec la progression de la demande intérieure et des flux régionaux, la nouvelle capacité de Moulin Sako vient ainsi renforcer le dispositif ivoirien de transformation et de redistribution des produits issus du blé.
Source : Ecofin
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