Afrique & Monde

CHINE : XI JINPING OUVRE UNE NOUVELLE SÉQUENCE DIPLOMATIQUE ENTRE L’ASIE ET L’AFRIQUE

L'Afrique et la Chine , c'est un truisme de le dire, entretiennent des relations étroites.

Par admin2 min de lecture
Partager
La Chine entretient des relations étroites avec l'Afrique
La Chine entretient des relations étroites avec l'Afrique

La Chine s’apprête à ouvrir une nouvelle séquence diplomatique destinée à consolider son influence dans un monde marqué par la recomposition des rapports de puissance. Le président Xi Jinping doit participer au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai à Bichkek, au Kirghizstan, avant d’effectuer une visite en Égypte. Deux étapes différentes par leur géographie, mais révélatrices d’une même ambition de Pékin, celle de renforcer ses partenariats stratégiques au-delà du cercle occidental.

Le rendez-vous de Bichkek permettra à la Chine de réaffirmer le rôle de l’Organisation de coopération de Shanghai dans son dispositif diplomatique et de promouvoir une coopération renforcée sur les questions économiques, sécuritaires et commerciales. Mais l’étape égyptienne revêt une importance particulière pour l’Afrique. L’Égypte occupe une position stratégique à la jonction de l’Afrique, du Moyen-Orient et de la Méditerranée, tandis que le canal de Suez demeure l’une des principales artères du commerce mondial.

Cette visite intervient alors que la Chine reste profondément engagée en Afrique dans les infrastructures, l’énergie, les télécommunications, les mines, l’industrie et le commerce. Après plusieurs décennies dominées par le financement de grands ouvrages, Pékin cherche progressivement à faire évoluer son modèle de coopération vers davantage d’investissements productifs, de technologies, d’industrialisation et de partenariats commerciaux.

Cette évolution concerne directement les économies africaines. Le continent ne représente plus seulement un espace d’approvisionnement en matières premières. Sa démographie, son urbanisation, ses besoins considérables en infrastructures et l’émergence d’un vaste marché continental en font un enjeu économique de long terme. La compétition internationale pour l’accès aux minerais stratégiques, aux marchés et aux infrastructures africaines renforce encore cette importance.

Pour les pays africains, cette nouvelle configuration ouvre des possibilités mais impose davantage d’exigence. L’enjeu n’est plus simplement d’attirer les capitaux chinois ou ceux d’autres puissances. Il s’agit de négocier des partenariats capables de produire des emplois locaux, des transferts de compétences, de la transformation industrielle et davantage de valeur ajoutée sur le continent.

L’Afrique dispose désormais d’une marge de négociation que la multiplication des partenaires internationaux peut renforcer. Chine, États-Unis, Union européenne, Inde, Turquie, Russie et pays du Golfe cherchent, à différents degrés, à approfondir leurs relations avec le continent. Cette concurrence peut devenir une opportunité à condition que les États africains définissent clairement leurs priorités et évitent de transformer leur territoire en simple terrain d’affrontement entre puissances extérieures.

La séquence diplomatique de Xi Jinping rappelle ainsi que la recomposition du monde ne se joue plus uniquement entre Washington, Pékin, Moscou ou Bruxelles. L’Afrique occupe une place croissante dans les stratégies internationales. Sa véritable victoire sera de ne plus seulement être courtisée pour ses ressources ou sa position géographique, mais de devenir un acteur capable de défendre ses propres intérêts dans le nouvel équilibre mondial.

 Kader Bacongo Cissé

Dans nos dossiers

Partager

À lire aussi