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Niger : le putsch manqué, heure par heure

Une semaine après les combats à Niamey , l'on en sait un peu plus sur les soutiens russe et algérien qui ont permis le maintien de Tiani au pouvoir

Par admin3 min de lecture
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Des soldats nigeriens
Des soldats nigeriens

Dans la nuit du 28 au 29 août, une mutinerie interne à l’armée nigérienne prend les allures d’une tentative de renversement. Aucun chef, gouvernement provisoire ou programme politique ne sera toutefois annoncé. Voici le film des faits établis, heure de #Niamey.

00 h 20 — Le feu vient de l’intérieur.

Selon le premier communiqué du ministère nigérien de la Défense, des militaires tentent de retenir certains de leurs camarades à la Base aérienne #101, puis ouvrent le feu en direction de sites sensibles. Ni le #Tchad ni une quelconque opération étrangère ne sont alors mentionnés.

Vers 1 heure — Les trois cibles d’un putsch.

Les mutins s’en prennent à la Base 101 et à l’aéroport, à la présidence et à la radiotélévision nationale. Des tirs sont également signalés près du camp Bassora. La télévision ne tombe pas entre leurs mains, mais son signal est interrompu. Des éléments venus de Ouallam, Téra et Dosso auraient rejoint le mouvement, sur fond de pertes au front et de mécontentement dans certaines unités, rapporte Reuters.

De 3 heures à 7 heures — Niamey retient son souffle.

Les détonations diminuent dans plusieurs quartiers, mais continuent autour de la Base 101. La Garde présidentielle reste fidèle au général Abdourahamane #Tiani. Les ralliements espérés par les mutins ne semblent pas venir.

Entre 9 heures et 10 heures — Le palais tient, la base résiste.

Les accès à la présidence et à la télévision sont bloqués. Vers 10 heures, le signal de la #RTN revient et le ministre de la Défense, Salifou Mody, annonce une reprise « progressive » du contrôle. À cet instant, le palais paraît sécurisé, mais l’aéroport et la Base 101 demeurent contestés, selon Le Monde.

Après-midi — Le pouvoir négocie, Alger prend position.

Les mutins restent retranchés dans la base. Des discussions se poursuivent entre officiers. À 15 h 02, l’Algérie exprime officiellement sa « pleine solidarité » avec le #Niger, mais ses avions ne participent pas aux combats.

Vers 17 heures — L’aide russe est sollicitée.

L’ambassadeur de #Russie annonce que le commandement nigérien a demandé à l’Africa Corps d’aider à neutraliser les mutins. Les combats et l’annulation des vols se poursuivent encore.

Vers 21 heures — Le rapport de force bascule.

La Garde présidentielle et les militaires russes donnent l’assaut. Reuters rapporte, sur la foi de plusieurs sources sécuritaires, l’emploi de drones kamikazes russes, dont au moins une frappe aurait provoqué une reddition. La Base 101 est reprise dans la soirée. Trois gardes présidentiels sont officiellement tués ; le bilan exact parmi les mutins reste inconnu. Moscou confirmera ensuite l’assistance de l’Africa Corps.

Dimanche matin — Les avions algériens arrivent après la bataille.

À la demande de Niamey, Alger envoie quatre chasseurs Su-30 et un ravitailleur Il-78. Le Niger signale également l’arrivée d’un Il-76 transportant une délégation militaire. Ces appareils effectuent une démonstration de soutien, mais les sources disponibles ne les placent dans aucun combat. En résumé : les Russes ont pesé dans la bataille ; les Algériens, arrivés une fois les armes tues, ont pesé dans l’après-bataille.

Trois jours plus tard — Le Tchad apparaît dans le récit, pas sur le terrain.

Présenté à la télévision nationale, le capitaine Roger Gabriel affirme avoir reçu des appels d’un officier tchadien et un message attribué à un responsable de l’armée de l’air du Tchad. Il évoque une possible intervention depuis le territoire tchadien avec des forces françaises.

Mais pendant ses six minutes de déclaration, aucun téléphone, relevé d’appels, message original, enregistrement ou document n’est montré. Aucun militaire, appareil, arme ou ordre tchadien n’a été publiquement identifié. Aucune source ne documente davantage le départ de forces spéciales françaises depuis le Tchad. DW constate également que ces accusations ne sont étayées par aucune preuve vérifiable rendue publique.

Le film documenté met donc en scène des mutins nigériens, la Garde présidentielle, l’Africa Corps russe puis le soutien aérien algérien. Le Tchad n’y possède aucun rôle démontré. Même l’existence éventuelle d’un appel individuel ne prouverait pas qu’un État a ordonné une opération.

Une accusation télévisée peut nourrir un récit politique mais ne remplace ni les preuves ni les faits.

 Source : Wamassa

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