FOOTBALL IVOIRIEN :QUATRE CLUBS ÉLIMINÉS, ZÉRO RESCAPÉ, À QUOI SERT LA FIF ?
Les clubs de football engagés en compétition africaine ont tous été éliminés.Ce qui pose avec acuité le problème la place de la fédération ivoirienne de football (FIF) dans l'encadrement des clubs.

Quatre clubs engagés, quatre éliminations, aucun qualifié pour les phases de groupes des compétitions africaines. Le football ivoirien subit un revers collectif qui interpelle directement la Fédération ivoirienne de football (FIF), la Ligue professionnelle et les dirigeants des clubs. Comment un pays champion d’Afrique des nations peut-il éprouver autant de difficultés à faire briller son championnat sur la scène continentale ?
Le constat est préoccupant. Aucun des quatre représentants ivoiriens engagés dans les compétitions interclubs africaines 2026-2027 n’a franchi le deuxième tour préliminaire. L’ASEC Mimosas, le FC San Pedro, l’AFAD du Plateau et le CO Korhogo ont tous été éliminés avant les phases de groupes.
En Ligue des champions, l’ASEC Mimosas a été sortie par le MAS de Fès après un nul (1-1) et une défaite (1-2). Le FC San Pedro, vainqueur à l’aller (2-1), a été renversé par le FC Nouadhibou (0-2). En Coupe de la Confédération, l’AFAD a cédé face au CS Sfaxien (1-1, 0-1), tandis que le CO Korhogo a été éliminé par l’AS FAR de Rabat (0-0, 1-2). Quatre clubs au départ, aucun à l’arrivée. Une élimination collective qui relance brutalement le débat sur la compétitivité du championnat ivoirien.
La FIF face à ses responsabilités
Présidée par Yacine Idriss Diallo, la FIF ne peut rester à l’écart des interrogations. Si les clubs assument directement leurs résultats, la Fédération et la Ligue professionnelle participent à l’organisation et au développement du football national. À quoi servent les ambitions affichées si les représentants ivoiriens ne parviennent plus à franchir les tours préliminaires africains ? Les conditions de préparation, les infrastructures, l’encadrement technique et les moyens financiers méritent une évaluation rigoureuse.
Un championnat qui exporte ses talents, mais perd en compétitivité
La Côte d’Ivoire continue de former des joueurs prometteurs, régulièrement recrutés à l’étranger. Mais ces départs peuvent fragiliser la stabilité des effectifs et compliquer la construction d’équipes compétitives. Les revenus des transferts devraient contribuer à renforcer les centres de formation, le recrutement et les infrastructures. Sans investissements durables, les clubs risquent de reproduire les mêmes difficultés d’une campagne africaine à l’autre.
Les clubs historiques ne peuvent plus vivre sur leur passé
L’ASEC Mimosas et l’Africa Sports ont longtemps porté les ambitions continentales ivoiriennes. Mais le prestige historique ne remplace pas les performances actuelles. Les dernières grandes consécrations remontent à 1999, avec la Coupe de la CAF remportée par l’Africa Sports et la Supercoupe africaine gagnée par l’ASEC. Depuis, quelques parcours remarquables, notamment ceux du Séwé Sport en 2014 et de l’ASEC en 2023, n’ont pas suffi à installer une régularité continentale.Le football africain évolue. Les clubs ivoiriens doivent suivre le rythme.
Champions d’Afrique avec les Éléphants, absents avec les clubs
En février 2024, la Côte d’Ivoire remportait la CAN devant son public. Deux ans plus tard, ses quatre représentants quittent prématurément les compétitions interclubs africaines. Ce contraste révèle deux réalités différentes. La sélection nationale s’appuie largement sur des joueurs évoluant à l’étranger, tandis que les clubs locaux dépendent des ressources et de la qualité du championnat ivoirien. Le succès des Éléphants ne suffit donc pas à mesurer la santé du football professionnel national.
Les dirigeants doivent rendre des comptes
Quels moyens sont consacrés au développement de la Ligue 1 ? Quel accompagnement reçoivent les clubs engagés en Afrique ? Quels bilans techniques sont réalisés après les éliminations ? Quels objectifs sont fixés pour améliorer les performances ?
Ces questions appellent des réponses précises de la FIF, de la Ligue professionnelle et des dirigeants des clubs.
La publication de bilans sportifs et financiers permettrait d’identifier les insuffisances et de mesurer les progrès.
Une Ligue 1 qui doit retrouver ses ambitions
Un championnat professionnel ne peut être évalué uniquement à travers son calendrier et son classement. Sa capacité à produire des équipes compétitives sur la scène continentale constitue également un indicateur essentiel.
Les quatre éliminations ne condamnent pas l’ensemble du football local, mais elles imposent une réflexion sur son organisation, son financement et ses ambitions.
Quatre clubs éliminés, zéro rescapé. La FIF et les dirigeants du football ivoirien doivent désormais expliquer les insuffisances et présenter des solutions concrètes.
La Côte d’Ivoire sait gagner avec ses Éléphants. Il reste à démontrer qu’elle peut également construire un championnat capable de rivaliser durablement avec les grandes formations africaines.
Jean Baptiste Angaman
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