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SOTRA :55 autobus touchés à Koumassi, l’urgence de sécuriser durablement les dépôts

C'est dans la nuit de samedi à dimanche que l'incendie s'est déclaré avant de se généraliser.

Par admin2 min de lecture
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Une vue des bus calcinés
Une vue des bus calcinés

Un nouvel incendie dans un dépôt de la SOTRA remet brutalement la sécurité des infrastructures de transport public au centre du débat. Au dépôt 5 de Koumassi, 55 autobus ont été endommagés, dont 40 entièrement calcinés. Si aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, l’ampleur des dégâts matériels impose désormais d’aller au-delà du constat pour s’interroger sur la prévention et la protection d’un patrimoine public stratégique.

Chaque autobus immobilisé ou détruit représente une capacité de transport retirée du réseau. Derrière les carcasses calcinées se trouvent donc des conséquences potentielles pour les travailleurs, élèves, étudiants et familles qui dépendent quotidiennement des transports publics. Dans une métropole abidjanaise confrontée à une forte demande de mobilité, perdre plusieurs dizaines de véhicules en quelques heures n’est pas seulement un dommage matériel, c’est aussi un enjeu de continuité du service public.

L’urgence est de déterminer avec précision l’origine de l’incendie. Accident électrique, défaillance technique, problème lié aux installations, erreur humaine ou autre cause, aucune hypothèse ne devrait être retenue avant les conclusions de l’enquête. Mais une interrogation demeure. Comment un départ de feu peut-il occasionner des dégâts aussi importants dans un espace regroupant des équipements publics de grande valeur ?

Cette question renvoie directement aux dispositifs de prévention. Détection précoce des départs de feu, systèmes d’extinction, disponibilité des équipements anti incendie, contrôle des installations électriques, organisation du stationnement, accès rapide des secours, exercices d’urgence et formation du personnel doivent faire l’objet d’évaluations rigoureuses. La sécurité ne consiste pas seulement à éteindre un incendie, mais à empêcher qu’un incident localisé ne se transforme en sinistre majeur.

Au-delà de Koumassi, cet événement devrait conduire à un audit préventif de l’ensemble des dépôts de la SOTRA. Chaque site mérite d’être évalué selon son niveau de risque, ses capacités d’intervention, l’état de ses équipements et la protection des véhicules stationnés. La transparence sera tout aussi importante. L’opinion publique doit pouvoir connaître les causes établies du sinistre, le coût des dommages, les conséquences sur le parc disponible et les mesures correctives engagées.

La SOTRA constitue un maillon essentiel de la mobilité à Abidjan. Protéger ses autobus, ses agents, ses ateliers et ses dépôts revient à protéger un patrimoine public et la continuité d’un service indispensable. Après l’urgence des flammes vient donc celle de la prévention. Le véritable enjeu n’est plus seulement de savoir pourquoi 55 autobus ont été touchés à Koumassi, mais de garantir qu’un sinistre d’une telle ampleur ne puisse plus se reproduire.

Ferdinand Yao

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