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Rentrée scolaire 2026-2027 : Le cri d’alarme des libraires face au changement des manuels

Dans quelques semaines , s'ouvre la rentrée scolaire 2026-2027

Par admin2 min de lecture
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La rentrée scolaire demarre sous peu
La rentrée scolaire demarre sous peu

À quelques semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, l’inquiétude gagne une partie des professionnels du livre en Côte d’Ivoire. La publication d’une nouvelle liste de manuels scolaires laisse certains libraires avec des stocks d’ouvrages qui risquent de devenir difficiles à écouler. Des professionnels du secteur tirent désormais la sonnette d’alarme et appellent à un accompagnement afin que cette transition pédagogique ne se transforme pas en difficultés économiques. L’actualisation des outils pédagogiques répond à la nécessité d’adapter l’école aux programmes et aux nouvelles exigences éducatives. Mais elle soulève une question concrète. Que deviennent les anciens ouvrages déjà achetés et stockés par les libraires ? Les manuels scolaires représentent des investissements importants réalisés en prévision de la rentrée. Lorsqu’une référence disparaît d’une liste officielle, les exemplaires concernés peuvent perdre brutalement une grande partie de leur débouché commercial. Pour les petites librairies et les détaillants disposant d’une trésorerie limitée, les conséquences peuvent être lourdes.

Une transition à mieux accompagner

La modernisation des contenus pédagogiques est légitime et nécessaire, mais une réforme éducative réussie doit anticiper ses conséquences sur toute la chaîne du livre. Éditeurs, distributeurs, libraires, établissements scolaires et familles appartiennent au même écosystème. L’enjeu n’est donc pas d’opposer l’amélioration des outils pédagogiques aux intérêts des professionnels, mais de rechercher un mécanisme de transition capable de concilier ces impératifs. À l’approche de la rentrée, une concertation entre les autorités éducatives, les éditeurs, les distributeurs et les organisations de libraires permettrait d’évaluer les stocks concernés et leur valeur. Reprise de certains ouvrages, mécanismes compensatoires, transition progressive ou réorientation des stocks pourraient être examinés afin d’éviter que des commerçants ne supportent seuls le coût économique du changement.

 Attention au portefeuille des familles

La question concerne également les ménages. Lorsqu’un manuel change, les possibilités de transmission d’un ouvrage entre frères et sœurs ou d’achat sur le marché de l’occasion peuvent se réduire. Dans un contexte où la rentrée représente déjà une dépense importante pour de nombreuses familles, toute évolution des références scolaires doit intégrer cette dimension sociale. Il faut éviter qu’une modernisation pédagogique nécessaire ne produise involontairement une double pression, sur les libraires qui détiennent les anciennes références et sur les parents contraints d’acquérir les nouvelles. L’amélioration de la qualité de l’enseignement ne devrait pas se traduire par une charge difficilement supportable pour certains ménages.

 Anticiper pour protéger toute la chaîne du livre

Cette situation pourrait être l’occasion d’améliorer durablement la gouvernance du marché du manuel scolaire. Un calendrier suffisamment anticipé des changements, une meilleure circulation de l’information et des périodes de transition clairement définies permettraient aux professionnels de mieux gérer leurs commandes et leurs stocks.

La Côte d’Ivoire a besoin de manuels adaptés à l’évolution de son système éducatif, mais elle a également besoin d’un réseau solide de libraires capable de rendre ces ouvrages accessibles sur l’ensemble du territoire. Les deux objectifs sont complémentaires. L’alerte lancée à l’approche de cette rentrée mérite donc d’être entendue avant que les difficultés commerciales ne deviennent plus graves ou que leurs conséquences ne soient reportées sur les familles. Réformer l’école exige d’anticiper toute la chaîne qui la fait fonctionner. Changer les manuels peut être une nécessité pédagogique, mais réussir ce changement suppose aussi de préserver ceux qui les mettent entre les mains des élèves.

Ferdinand Yao

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