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OCTOBRE ROSE 2026 :LE CANCER DU SEIN NE DOIT PLUS ÊTRE UNE CONDAMNATION PAR LE SILENCE

Le mois d'octobre est dédié à la lutte contre le cancer du sein, en Côte d'Ivoire.Tout comme dans bien d'autres pays du monde.

Par admin3 min de lecture
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La sensibilisation est de mise le long du mois d'octobre
La sensibilisation est de mise le long du mois d'octobre

Chaque année, des femmes meurent d’un cancer du sein qui aurait parfois pu être diagnostiqué plus tôt. Derrière les statistiques, il y a des mères, des épouses, des filles, des sœurs, des vies brutalement interrompues et des familles bouleversées. En ce mois d’Octobre Rose, une question s’impose à notre conscience collective. Combien de femmes devront encore découvrir leur maladie trop tard avant que la prévention et le dépistage ne deviennent une véritable priorité de santé publique ?

Octobre Rose ne doit pas être réduit à une campagne de communication, à quelques rubans épinglés sur des vêtements ou à des cérémonies officielles. Cette mobilisation internationale contre le cancer du sein doit rappeler une réalité fondamentale. La lutte contre cette maladie se mène toute l’année, dans les hôpitaux, les familles, les entreprises, les établissements scolaires et jusque dans les villages les plus reculés.

Selon les estimations mondiales de l’Organisation mondiale de la santé pour 2022, environ 2,3 millions de femmes ont reçu un diagnostic de cancer du sein et quelque 670 000 personnes en sont décédées. Ces chiffres rappellent l’ampleur d’un défi sanitaire qui dépasse les frontières, les conditions sociales et les générations.

En Côte d’Ivoire, la question du dépistage précoce demeure essentielle. Trop de femmes hésitent encore à consulter, notamment par peur du diagnostic, méconnaissance des symptômes, contraintes financières ou difficultés d’accès aux structures sanitaires. Pourtant, lorsqu’il est découvert à un stade précoce et correctement pris en charge, le cancer du sein présente généralement de meilleures perspectives de traitement.

Le drame commence souvent dans le silence. Une grosseur inhabituelle, une modification de la forme du sein, un écoulement anormal du mamelon ou un changement persistant de la peau peuvent constituer des signes d’alerte. Ils ne signifient pas nécessairement la présence d’un cancer, mais doivent conduire à une consultation médicale. L’absence de douleur ne constitue pas davantage une garantie.

Il faut également combattre une autre réalité, celle de la solitude des femmes confrontées à la maladie. Certaines redoutent le regard de leur entourage, d’autres craignent les conséquences physiques et psychologiques des traitements. Le cancer du sein n’est ni une honte, ni une fatalité, ni une raison d’exclusion. Une femme malade a besoin de soins, d’accompagnement, de dignité et de solidarité.

Mais sensibiliser ne suffit plus. Il faut rendre le dépistage réellement accessible. À quoi sert-il d’encourager une femme à se faire examiner si elle ne dispose ni des moyens financiers nécessaires, ni d’un centre de santé suffisamment proche, ni d’un dispositif d’accompagnement lorsqu’une anomalie est détectée ?

L’État, les collectivités territoriales, les entreprises privées, les organisations féminines et les associations sanitaires ont ici une responsabilité complémentaire. Trois engagements méritent notamment d’être inscrits dans la durée.

 Premièrement, rapprocher le dépistage des populations en renforçant les campagnes mobiles, particulièrement dans les zones rurales et les localités éloignées des grands centres hospitaliers, selon des protocoles médicaux adaptés à l’âge et au niveau de risque.

Deuxièmement, réduire les obstacles financiers en facilitant l’accès aux consultations spécialisées, aux examens diagnostiques et aux traitements, notamment pour les femmes économiquement vulnérables.

Troisièmement, garantir un véritable accompagnement humain et médical, depuis la suspicion de la maladie jusqu’au traitement, en intégrant le soutien psychologique, l’information des familles et le suivi des patientes.

Les hommes doivent également prendre toute leur place dans cette mobilisation. La santé des femmes n’est pas exclusivement une affaire féminine. Un époux qui accompagne son épouse à une consultation, un père qui encourage sa fille à s’informer, un employeur qui facilite l’accès au dépistage participent, chacun à son niveau, à une société plus attentive à la vie.

Octobre Rose doit enfin nous inviter à dépasser la solidarité circonstancielle. Les campagnes médiatiques prennent tout leur sens lorsqu’elles débouchent sur des consultations effectives, des diagnostics rapides, des traitements accessibles et un accompagnement durable.

La véritable réussite ne se mesurera pas au nombre de bâtiments illuminés en rose, mais à notre capacité collective à réduire les diagnostics tardifs, à améliorer la prise en charge et à préserver des vies. Car derrière chaque femme sauvée, il y a une histoire qui continue, une famille qui retrouve l’espoir et une société qui refuse de considérer la souffrance comme une fatalité.

En octobre, portons le rose. Mais surtout, faisons-en sorte que cette couleur ne soit plus seulement le symbole d’une campagne annuelle. Qu’elle devienne celui d’un engagement national permanent.

Une femme ne devrait jamais perdre la vie parce qu’elle a découvert trop tard une maladie que notre mobilisation collective aurait pu contribuer à détecter plus tôt.

 Karim BAMBA

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