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KOUMASSI-CAMPEMENT : QUAND UNE AFFAIRE DE DÉGUERPISSEMENT DEVIENT UNE QUESTION DE RÉPUBLIQUE

Bien malin qui pourra donner l'épilogue de l'affaire du déguerpissement de Koumassi Campement.

Par admin2 min de lecture
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une vue des gravats après le déguerpissement de Koumassi Campement
une vue des gravats après le déguerpissement de Koumassi Campement

L’affaire des démolitions de Koumassi-Campement dépasse désormais la seule question foncière. Depuis les précisions apportées par le procureur de la République le 16 septembre 2026, elle interroge la chaîne de décision publique, le fondement juridique de l’opération et les conditions dans lesquelles l’autorité administrative peut intervenir lorsqu’elle affecte directement les droits des citoyens.Le 3 juin, plusieurs constructions ont été démolies sur le site. L’enquête ouverte par la suite a conduit à l’audition de plusieurs responsables et personnes susceptibles d’éclairer les circonstances de l’opération. Les investigations se poursuivent afin d’établir les faits et les responsabilités éventuelles.

 UNE QUESTION DE BASE JURIDIQUE

 L’un des éléments centraux concerne la décision de justice initialement invoquée. Selon les explications rendues publiques par le parquet, celle-ci n’autorisait pas une démolition générale des constructions concernées.

Le Plan ORSEC a également été évoqué comme cadre de l’opération. Il appartient désormais aux investigations de déterminer précisément les fondements juridiques et administratifs ayant conduit à l’intervention.

La prudence reste indispensable. Une audition ne constitue pas une déclaration de culpabilité et une enquête en cours ne permet pas de préjuger de ses conclusions.

 RECONSTRUIRE LA CHAÎNE DE DÉCISION

 La question essentielle devient celle de la chaîne de commandement. Qui a demandé l’opération ? Qui l’a autorisée ? Sur quel fondement ? Qui a mobilisé les moyens matériels et coordonné les différents intervenants ?Répondre à ces questions permettra de dépasser les controverses pour revenir aux faits. Lorsqu’une opération publique touche plusieurs centaines de parcelles et de nombreuses familles, la traçabilité de la décision devient aussi importante que son objectif.

 NI CONDAMNATION ANTICIPÉE, NI PROTECTION

 L’État de droit impose deux exigences. Ne condamner personne avant l’établissement des faits et ne soustraire personne aux investigations en raison de sa fonction, de son influence ou de son appartenance politique.

Le véritable enjeu consiste donc à déterminer si les procédures ont été respectées et, dans le cas contraire, à identifier les éventuels dysfonctionnements et responsabilités.

 LE DÉBAT DÉPASSE KOUMASSI

 L’affaire soulève une question plus large pour Abidjan. Comment conduire les opérations nécessaires à l’aménagement urbain tout en garantissant les droits des populations ? Comment vérifier les situations foncières avant une intervention ? Quels recours et quels mécanismes d’accompagnement prévoir ?La modernisation d’une métropole ne se mesure pas seulement à ses routes, ses échangeurs ou ses nouveaux quartiers. Elle se mesure aussi à la solidité des procédures qui encadrent les décisions publiques.

 LA RÉPUBLIQUE AU-DESSUS DES HOMMES

 Koumassi-Campement pourrait ainsi devenir un cas d’école de gouvernance publique. Si des irrégularités sont établies, leurs responsabilités devront être déterminées. Si certaines accusations ne sont pas confirmées, cette vérité devra également être reconnue. Si des préjudices sont juridiquement établis, la question de leur réparation devra être examinée conformément au droit.

Une République solide n’a besoin ni de sacrifier un homme pour satisfaire l’opinion, ni de protéger un homme pour préserver un camp. Elle doit rechercher les faits, établir les responsabilités et appliquer la règle de droit.

Derrière Koumassi-Campement demeure ainsi une interrogation essentielle pour tous les citoyens. Lorsque l’autorité publique agit, qui garantit que sa décision reste dans les limites du droit ?

 Karim Bamba

 

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