YAMOUSSOUKRO, CAPITALE SUR LE PAPIER :43 ANS APRÈS, POURQUOI LE POUVOIR RESTE-T-IL À ABIDJAN ?
Depuis le début des années 1980 , Yamoussoukro est la capitale politique de la Côte d'Ivoire. Mais à la vérité , la ville n'a jamais véritablement abrité les institutions et ministères pouvant lui conférer effectivement ce grade.

Désignée capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire en 1983, Yamoussoukro n’accueille toujours pas les principales institutions de l’État. Malgré plusieurs initiatives gouvernementales, Abidjan demeure le centre du pouvoir. Une situation qui soulève la question de l’application effective d’une décision vieille de quarante-trois ans. En mars 1983, sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny, Yamoussoukro devient officiellement la capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire. Cette décision vise notamment à favoriser le développement de l’intérieur du pays et à réorganiser l’implantation des institutions nationales. Quarante-trois ans plus tard, la présidence de la République, les principaux ministères et une grande partie des administrations centrales demeurent installés à Abidjan, capitale économique du pays.
Une décision appliquée partiellement
Yamoussoukro dispose de bâtiments administratifs, d’infrastructures publiques et accueille certaines activités institutionnelles. Toutefois, les principaux centres de décision continuent de fonctionner à Abidjan. Cette organisation maintient une distinction entre le statut officiel de Yamoussoukro et la localisation effective des institutions.
Plusieurs initiatives sous quatre présidences
La question a traversé les présidences de Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Un décret d’application a été adopté en 1997, sous Henri Konan Bédié. Sous Laurent Gbagbo, un programme spécial a accompagné la réalisation de plusieurs infrastructures. Ce dispositif a été dissous en 2012, sous Alassane Ouattara. Ces différentes étapes n’ont pas abouti à l’installation complète des administrations centrales à Yamoussoukro.
Des investissements dont le bilan mérite d’être précisé
Des routes, des bâtiments administratifs et des équipements publics ont été construits à Yamoussoukro au fil des décennies. Cependant, le montant cumulé des dépenses directement consacrées à l’installation des institutions, le taux d’occupation des bâtiments et les besoins financiers restants ne sont pas établis dans un bilan public consolidé présenté ici.Un inventaire permettrait de distinguer les infrastructures effectivement utilisées de celles nécessitant encore des aménagements.
Des contraintes administratives et financières
L’installation d’institutions à Yamoussoukro suppose des moyens immobiliers, des équipements, des logements et une organisation adaptée des services publics.
Les questions foncières et les coûts de fonctionnement constituent également des paramètres à examiner. Ces contraintes peuvent expliquer une partie des difficultés, sans permettre à elles seules de déterminer les raisons de chaque décision gouvernementale.
Une clarification attendue
Le débat porte désormais sur les orientations de l’État. Les autorités envisagent-elles une installation progressive de nouvelles administrations à Yamoussoukro ou le maintien de l’organisation actuelle entre les deux villes ?
La publication d’un état des lieux des infrastructures, d’une estimation des dépenses et, le cas échéant, d’un calendrier permettrait de clarifier les perspectives.
Le fait demeure. Depuis 1983, Yamoussoukro possède le statut de capitale politique et administrative, tandis qu’Abidjan conserve l’essentiel des institutions centrales.
Quarante-trois ans après cette décision historique, une question reste posée aux autorités ivoiriennes. Quelle place entendent-elles concrètement donner à Yamoussoukro dans le fonctionnement de l’État ?
Karim Bamba
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