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PPA-CI : DANO DJÉDJÉ CONVOQUÉ, LA RÉPUBLIQUE FACE À L’EXIGENCE D’IMPARTIALITÉ

Le lundi 12 octobre 2026, Sébastien dano Djédjé se présentera à la section anti-terroriste pour être entendu.

Par admin3 min de lecture
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Sébastien Dano Djédjé , un des barons du Ppa-ci
Sébastien Dano Djédjé , un des barons du Ppa-ci

Dans une République, nul ne doit être au-dessus de la loi. Mais nul ne doit non plus être privé des garanties que cette même loi lui reconnaît. La convocation de Sébastien Dano Djédjé, cadre du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), devant la cellule antiterroriste, annoncée pour le lundi 12 octobre 2026, replace au cœur du débat national une question fondamentale. Comment concilier l’autorité de la justice, les libertés politiques et la confiance des citoyens dans les institutions ?

Cette convocation intervient dans un contexte politique sensible, marqué par les préoccupations de l’opposition concernant les procédures judiciaires impliquant certains de ses responsables. Les motifs précis de cette audition n’ayant pas été officiellement rendus publics, toute interprétation définitive serait prématurée. Une convocation judiciaire ne constitue ni une mise en accusation automatique ni une présomption de culpabilité.

L’État de droit repose sur un principe intangible. La justice doit pouvoir accomplir sa mission sans pression politique, médiatique ou partisane. Elle doit établir les faits, rechercher les responsabilités éventuelles et garantir les droits de chaque citoyen, indépendamment de ses fonctions, de ses convictions ou de son appartenance politique.

Cette exigence vaut pour tous. Un responsable de la majorité ne saurait bénéficier d’une protection particulière en raison de sa proximité avec le pouvoir. De même, un responsable de l’opposition ne peut invoquer son statut politique pour se soustraire à une procédure légalement engagée. L’égalité devant la loi demeure le fondement de la crédibilité républicaine.

Cependant, dans un pays marqué par de profondes crises politiques, l’indépendance de la justice doit non seulement être garantie par les textes, mais également inspirer confiance dans la pratique. Chaque procédure concernant une personnalité politique peut susciter des interrogations auxquelles les institutions doivent répondre avec responsabilité et discernement.

Sans compromettre le secret des investigations, une communication institutionnelle adaptée peut contribuer à prévenir les spéculations et à rassurer l’opinion sur le respect des garanties légales. Car lorsque les faits restent insuffisamment connus, les interprétations partisanes risquent d’occuper tout l’espace public.

 La responsabilité des formations politiques est également engagée. La majorité doit se garder de transformer les procédures judiciaires en instruments de confrontation. L’opposition, pour sa part, doit éviter de présenter systématiquement toute convocation comme une persécution, en l’absence d’éléments permettant de soutenir une telle accusation.

La justice ne doit devenir ni le prolongement des rivalités partisanes ni un terrain d’affrontement entre camps politiques. Sa mission demeure de dire le droit, de protéger les libertés et de sanctionner les infractions lorsqu’elles sont légalement établies.

La Côte d’Ivoire a consacré d’importants efforts à la consolidation de ses institutions et à la restauration de la stabilité nationale. Ces acquis doivent être préservés par une pratique exigeante de l’État de droit, fondée sur l’indépendance des magistrats, le respect des procédures, la présomption d’innocence et les droits de la défense.

La convocation de Sébastien Dano Djédjé ne doit donc donner lieu ni à une condamnation anticipée ni à une instrumentalisation politique. Il appartient aux autorités judiciaires de conduire leurs investigations conformément à la loi, et aux acteurs politiques de respecter leur indépendance.

Au-delà de ce cas individuel, cette actualité rappelle que la solidité d’une démocratie ne se mesure pas uniquement à la régularité des élections ou à la stabilité des institutions. Elle se mesure aussi à la confiance des citoyens dans une justice capable de traiter avec la même rigueur les puissants, les opposants et les citoyens ordinaires.

Une République forte n’a besoin ni d’une justice favorable au pouvoir ni d’une justice favorable à l’opposition. Elle a besoin d’une justice indépendante, impartiale et respectée de tous.

Car la véritable autorité de l’État ne réside pas dans la capacité de la justice à inquiéter les hommes politiques, mais dans sa capacité à garantir à chaque citoyen que nul n’est au-dessus de la loi et que nul ne doit être en dessous de sa protection.

 Ferdinand Yao

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