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OUATTARA À L’OMC :« DES EMPLOIS » EN HÉRITAGE, MAIS COMBIEN DE JEUNES EN ATTENDENT ENCORE ?

Le Président Alassane Ouattara , à la tribune de la conférence de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a fait cas de l'héritage qu'il entend laisser à la Côte d'Ivoire.

Par Kader Diomandé3 min de lecture
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Alassane Ouattara à la tribune de l'OMC
Alassane Ouattara à la tribune de l'OMC

Des emplois en héritage, mais combien de jeunes Ivoiriens attendent encore leur chance ? Après plus d’une décennie de croissance économique et de grands investissements, une interrogation demeure. Cette prospérité améliore-t-elle suffisamment les conditions de vie des populations ? En plaçant l’emploi au cœur de son ambition pour les générations futures, Alassane Ouattara remet au premier plan la question des retombées sociales du développement ivoirien.

Le 29 octobre 2026, à Genève, le président ivoirien est intervenu dans le cadre des conférences présidentielles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Selon des propos rapportés à cette occasion, il aurait résumé l’héritage qu’il souhaite laisser aux générations futures par deux mots, « Des emplois ». Cette formulation reste à confirmer par une transcription officielle.

 Une croissance qui doit davantage profiter aux jeunes

 La Côte d’Ivoire connaît depuis plusieurs années une croissance soutenue, accompagnée d’importants investissements dans les infrastructures et les secteurs productifs. Pourtant, l’insertion professionnelle demeure difficile pour de nombreux jeunes, notamment les diplômés.

Le sous-emploi, la précarité et le poids du secteur informel illustrent les limites d’une croissance qui ne se traduit pas toujours par des emplois stables et suffisamment rémunérateurs. Le véritable défi n’est plus seulement de produire davantage de richesses, mais de transformer cette croissance en opportunités accessibles à tous.

 Le mérite et la gouvernance au cœur du défi

 La création d’emplois durables exige des institutions efficaces, une administration transparente et un environnement favorable aux entreprises.La lutte contre la corruption, l’égalité des chances et la valorisation des compétences doivent devenir des priorités. Lorsque les réseaux d’influence prennent le dessus sur le mérite, les talents sont marginalisés et la confiance des jeunes s’affaiblit.L’accès à l’emploi doit reposer sur les qualifications, les capacités et l’initiative, non sur les relations personnelles ou les appartenances politiques.

 Former, financer et libérer l’initiative

 L’enseignement technique, l’agro-industrie, le numérique, la logistique et la transformation locale offrent d’importantes perspectives professionnelles. Encore faut-il adapter les formations aux besoins des entreprises, faciliter l’accès au financement et simplifier les démarches administratives. La jeunesse ne doit pas être uniquement préparée à rechercher un emploi. Elle doit également pouvoir entreprendre, produire et créer de nouvelles activités.

 

PZD-AFRICA, l’ambition de 100 millions d’entrepreneurs

 

Dans cette perspective, la FAFEDE affirme avoir lancé en janvier 2026 le programme PZD-AFRICA, avec l’objectif de former 100 millions d’entrepreneurs dits « zéro capital » sur dix ans.

Cette initiative entend promouvoir l’entrepreneuriat auprès des jeunes disposant de ressources financières limitées.

Son efficacité dépendra toutefois des moyens mobilisés, de la qualité de l’accompagnement et de la capacité des bénéficiaires à développer des activités économiquement viables. Former des entrepreneurs constitue une première étape. Leur permettre de créer durablement de la richesse et des emplois représente le véritable enjeu.

 Le plein emploi exige des fondations solides

 Trois conditions apparaissent déterminantes pour progresser vers une économie plus inclusive. Une éducation de qualité, adaptée aux réalités du marché du travail. Une véritable égalité des chances, fondée sur les libertés économiques et le mérite. Enfin, un environnement stable permettant aux entreprises d’accéder aux financements et aux marchés. Sans ces fondations, les programmes de création d’emplois risquent de produire des résultats insuffisants face aux attentes d’une jeunesse toujours plus nombreuse.

 L’héritage présidentiel à l’épreuve des résultats

 Faire de l’emploi un héritage politique constitue une ambition forte. Mais cet héritage devra être évalué à partir d’indicateurs concrets.

Combien d’emplois formels ont été créés ? Combien de jeunes diplômés ont trouvé une activité correspondant à leurs qualifications ? Combien d’entreprises nouvellement créées parviennent à se maintenir durablement ?

La publication régulière de données fiables sur l’emploi, les revenus et le sous-emploi permettrait de mieux apprécier les résultats des politiques publiques.

Alassane Ouattara pourra laisser des infrastructures et des transformations économiques importantes. Mais pour une jeunesse confrontée aux difficultés d’insertion, l’héritage le plus précieux restera la possibilité de travailler, d’entreprendre et de réussir grâce à ses compétences.

L’histoire ne retiendra pas uniquement les taux de croissance et les milliards investis. Elle retiendra également la capacité du pays à transformer ses richesses en perspectives concrètes pour les générations futures.

Un pont relie deux territoires. Une route rapproche deux villes. Mais un emploi digne peut transformer le destin d’une famille entière. C’est à cette réalité que devra se mesurer l’ambition présidentielle.

 Dr Tété Samuel Mathey

Libre penseur

 

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