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ONU : L’AFRIQUE RÉCLAME SA PLACE À LA TABLE DES PUISSANCES

L'Afrique ,au fil des décennies gagne en galons. Elle exige que l'on la regarde sous des prismes beaucoup plus reluisants.

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Le conseil de sécurité de l'ONU mérite d'être etoffé par l'Afrique
Le conseil de sécurité de l'ONU mérite d'être etoffé par l'Afrique

L’Afrique compte 54 États aux Nations unies, mais aucun siège permanent au Conseil de sécurité. À New York, cette contradiction historique revient avec force au cœur de la 81e Assemblée générale. Du Ghana au Nigeria, plusieurs dirigeants africains réclament désormais que les promesses de réforme se traduisent dans l’architecture réelle du pouvoir mondial.

Le président ghanéen John Dramani Mahama a renouvelé l’appel à une représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité. Son argument repose sur le décalage entre le poids démographique et diplomatique du continent et son absence parmi les cinq membres permanents disposant du droit de veto.

Le Nigeria va dans le même sens et réclame au moins deux sièges permanents pour l’Afrique. Cette position rejoint la revendication africaine portée depuis plusieurs années dans les négociations sur la réforme du Conseil de sécurité, avec une exigence centrale, corriger la sous-représentation historique du continent.

Le paradoxe demeure saisissant. Créé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Conseil de sécurité reste structuré autour de cinq membres permanents, la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie. Plus de huit décennies après la création de l’ONU, aucun État africain ne dispose de ce statut.

Cette revendication dépasse désormais la seule diplomatie africaine. Le secrétaire général de l’ONU António Guterres a lui-même dénoncé à plusieurs reprises la sous-représentation du continent dans les institutions internationales. Mais entre la reconnaissance du problème et sa résolution demeure un obstacle majeur, celui de la réforme de la Charte des Nations unies et des rapports de force entre États.

Une autre question attend également les Africains. Si deux sièges permanents étaient attribués au continent, quels pays les occuperaient et selon quelles modalités seraient-ils désignés ? L’Afrique revendique le droit de choisir elle-même ses représentants, mais la diversité des ambitions nationales rend cette question particulièrement sensible.

L’enjeu dépasse pourtant les noms des futurs représentants. Il concerne la transformation d’un ordre international largement hérité de 1945. Le monde a profondément changé depuis la création des Nations unies. La démographie, l’économie, les enjeux sécuritaires et les nouveaux centres de puissance ont modifié les équilibres mondiaux sans que l’architecture du Conseil de sécurité évolue dans les mêmes proportions.

L’Afrique pose donc une question qui concerne l’ensemble du système multilatéral. Une institution mondiale peut-elle durablement prétendre représenter les équilibres contemporains tout en maintenant à l’écart de ses sièges permanents un continent de 54 États ?

À New York, le Ghana et le Nigeria remettent cette interrogation au centre des discussions. Après des décennies de revendications, le débat se déplace progressivement du principe vers les modalités concrètes de la réforme.

L’Afrique ne demande plus seulement que sa voix soit entendue. Elle réclame que son poids diplomatique se traduise dans les institutions où se prennent les décisions qui engagent la paix et la sécurité internationales. La bataille est ancienne. Sa résolution, elle, reste à écrire.

 Ferdinand Yao

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