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L’ancienne CEI entre en liquidation, une page se ferme mais le défi de la confiance électorale demeure

La commission Electorale Independante (Cei) aura vécu son temps.Un nouvel organe électoral sera mis sur pied.

Par admin2 min de lecture
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La Cei n'existe plus
La Cei n'existe plus

La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans la transformation de son architecture électorale. L’ancienne Commission électorale indépendante, la CEI, est entrée dans sa phase de liquidation après la passation de charges intervenue le 7 septembre 2026. Derrière cette procédure qui pourrait sembler essentiellement administrative se joue pourtant une question beaucoup plus importante, celle de la capacité du pays à construire un système électoral suffisamment crédible pour inspirer confiance à l’ensemble des acteurs politiques et aux citoyens.

La disparition de l’ancienne CEI marque symboliquement la fin d’une institution qui aura occupé pendant des années une place centrale dans les controverses politiques ivoiriennes. Composition de la Commission, indépendance de ses membres, organisation des scrutins, liste électorale, proclamation des résultats et représentation des différentes sensibilités politiques ont régulièrement alimenté les débats. Sa liquidation ne signifie donc pas seulement que des comptes, des biens et des obligations administratives doivent être clôturés. Elle referme progressivement une séquence de l’histoire électorale ivoirienne. Mais supprimer ou remplacer une institution ne suffit pas à faire disparaître la défiance. C’est désormais la crédibilité de la nouvelle architecture électorale qui sera observée.

Les Ivoiriens jugeront moins la réforme sur les textes qui l’organisent que sur son fonctionnement concret. Qui organise les élections ? Qui contrôle le processus ? Comment la liste électorale est-elle établie et révisée ? Comment les contestations sont-elles traitées ? Quelles garanties sont accordées à la majorité, à l’opposition, aux candidats indépendants et surtout aux électeurs ? Ces interrogations détermineront largement la perception du nouveau système. L’histoire politique récente de la Côte d’Ivoire a démontré combien la confiance dans les mécanismes électoraux participe directement à la stabilité nationale. Lorsqu’un citoyen accepte le résultat d’une élection, ce n’est pas nécessairement parce que son candidat a gagné, mais parce qu’il considère que les règles étaient connues, équitables et appliquées à tous.

La liquidation de l’ancienne CEI offre ainsi l’occasion d’aller au-delà d’un simple changement institutionnel. Elle peut permettre d’ouvrir une nouvelle culture électorale fondée sur la transparence, la traçabilité des opérations, la pédagogie auprès des citoyens et le dialogue permanent entre institutions et forces politiques. La technologie peut renforcer la fiabilité du processus, mais elle ne remplacera jamais la confiance politique. Même le système techniquement le plus performant devient fragile lorsque les acteurs qui y participent doutent de son impartialité.

Majorité et opposition ont également leur part de responsabilité. Le pouvoir doit garantir que les nouvelles institutions ne soient pas perçues comme des instruments au service du camp dominant. L’opposition doit pouvoir exercer son droit de critique et de vigilance tout en privilégiant les mécanismes institutionnels de contestation. Entre ces exigences se trouve l’intérêt supérieur de la République, construire des élections dont les désaccords puissent être arbitrés par le droit plutôt que par la confrontation politique ou sociale.

Une page institutionnelle se ferme donc avec l’ancienne CEI. Mais le véritable test commence maintenant. Le succès de la réforme ne se mesurera ni à la disparition d’un sigle ni au changement des structures. Il se mesurera à quelque chose de beaucoup plus difficile à obtenir et beaucoup plus précieux à préserver, la confiance des Ivoiriens dans leurs élections et dans les institutions chargées de les organiser.

Noura Abiba F

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