Politique

GESTION DE L’ETAT : APRÈS-OUATTARA, TÉNÉ BIRAHIMA À L’ÉPREUVE DES BARONS DU RHDP

En principe , sauf cataclysme, Alassane Ouattara devrait quitter le pouvoir en 2030.Une nouvelle ère va s'ouvrir et le nom de Téné Birahima revient sans cesse pour succéder à son ainé.Une éventualité à appréhender en tenant compte de la réaction de la baronnie RHDP.

Par Kader Diomandé3 min de lecture
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Le vice-premier ministre Tene Birahima Ouattara
Le vice-premier ministre Tene Birahima Ouattara

La montée en puissance institutionnelle de Téné Birahima Ouattara relance la question de la succession d’Alassane Ouattara. Entre cadres historiques, anciens du PDCI-RDA et formations fondatrices, le choix du futur dirigeant pourrait révéler des équilibres politiques complexes.

La succession d’Alassane Ouattara n’est pas officiellement engagée. Mais la montée en responsabilités de son frère cadet, Téné Birahima Ouattara, nourrit les interrogations sur l’avenir du parti présidentiel. Sa nomination au poste de vice-Premier ministre, ministre de la Défense, en janvier 2026, renforce son poids institutionnel sans le désigner comme héritier politique du chef de l’État.La question dépasse la proximité familiale. Cadres historiques du RDR, anciens responsables du PDCI-RDA et représentants des formations fondatrices disposent de parcours et d’ancrages politiques susceptibles de compter dans le choix du futur dirigeant.

 Téné Birahima Ouattara, une succession loin d’être automatique

 Ministre de la Défense depuis 2021 et trésorier général du RHDP, Téné Birahima Ouattara dispose d’une expérience gouvernementale et partisane importante. Sa proximité avec le président constitue une dimension particulière de son positionnement.

Toutefois, l’influence institutionnelle ne garantit pas l’accès à la direction politique. Une éventuelle candidature devrait s’inscrire dans les procédures internes et recueillir les soutiens nécessaires. L’enjeu sera de fédérer des sensibilités dont les trajectoires et les intérêts ne se confondent pas nécessairement.

 Les anciens du PDCI-RDA dans les équilibres successoraux

 Patrick Achi, Jeannot Ahoussou-Kouadio et Kobenan Kouassi Adjoumani incarnent la présence de responsables issus du PDCI-RDA au sein de la majorité présidentielle. Leur expérience, leurs réseaux et leur implantation territoriale pourraient peser dans les discussions sur le futur leadership. Reste à savoir quelle place ils occuperont dans le processus de désignation. Leur engagement au sein de la majorité ne permet pas de présumer leur position sur une éventuelle candidature de Téné Birahima Ouattara.

 Yaya Fofana et le poids des formations fondatrices

Président du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA), formation ayant participé à la création de l’alliance houphouëtiste en 2005, Yaya Fofana a exercé plusieurs responsabilités partisanes, notamment au Directoire et au Bureau politique.

Sa candidature annoncée à la présidence du RHDP en juin 2025 et les revendications du MFA en faveur d’une meilleure représentation soulignent les attentes des alliés historiques.

Ces démarches rappellent que la succession pourrait également soulever la question de leur place dans la future direction.

 Le lien familial face aux règles de désignation

Le lien de parenté entre Téné Birahima Ouattara et le chef de l’État alimente les interrogations sur une éventuelle continuité politique. Il ne suffit cependant pas à établir l’existence d’un projet de transmission familiale.

Les modifications statutaires présentées au congrès de juin 2025 prévoient que le candidat à l’élection présidentielle soit désigné par le congrès ou, dans les conditions prévues, par la Convention nationale.

La succession à la présidence du parti relève d’un processus distinct. La légitimité du futur dirigeant dépendra notamment du respect des procédures applicables et de l’acceptation du choix par les instances concernées.

 L’après-Ouattara, une épreuve de cohésion

 Sous l’autorité d’Alassane Ouattara, une alliance électorale s’est progressivement transformée en parti unifié. Le passage à un nouveau leadership constituera une étape importante de cette évolution.

L’ascension de Téné Birahima Ouattara, l’influence des anciens du PDCI-RDA et les attentes exprimées par Yaya Fofana et le MFA dessinent les principaux enjeux d’une succession encore hypothétique.

À ce stade, aucune opposition organisée à Téné Birahima Ouattara n’est publiquement établie, pas davantage qu’une désignation officielle en sa faveur.

Au-delà du nom du successeur, la véritable question sera celle des conditions de sa désignation, des soutiens qu’il pourra réunir et de la place accordée aux différentes sensibilités politiques.

L’après-Ouattara constituera ainsi un test majeur pour la cohésion du rassemblement houphouëtiste et sa capacité à organiser la transmission de son leadership.

 Karim Bamba

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