Histoire & mémoire

NKRUMAH, L’AFRIQUE UNIE… ET LES LEÇONS DE L’HISTOIRE

Cette contribution permet d'éclairer sur la vision de Kwame N'Krumah

Par Rédaction Le 2252 min de lecture
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Le Ghana sous Kwame n'Krumah portait déjà un idéal de souverainété
Le Ghana sous Kwame n'Krumah portait déjà un idéal de souverainété

Des documents américains aujourd’hui déclassifiés révèlent à quel point Kwame Nkrumah préoccupait Washington en pleine Guerre froide.  Son rêve des États Unis d’Afrique et d’un monde multipolaire entraient en collision avec les intérêts géopolitiques des grandes puissances. Il y a près de 70 ans, Nkrumah portait déjà une vision qui demeure d’une étonnante actualité :

LES ÉTATS-UNIS D’AFRIQUE.

Une Afrique capable de parler d’une seule voix. Une Afrique maîtrisant ses ressources. Une Afrique suffisamment puissante pour prendre toute sa place dans un monde multipolaire. Le 24 février 1966, alors que Nkrumah était en voyage officiel en Asie, son gouvernement fut renversé par un coup d’État.  Les archives et témoignages disponibles montrent que les services américains suivaient de très près la situation et entretenaient des contacts avec des acteurs ghanéens ; en revanche, les documents publics ne permettent pas d’affirmer comme un fait définitivement établi que la CIA a elle-même conçu et dirigé le coup d’État.

60 ANS PLUS TARD, UNE QUESTION DEMEURE : LES MÉTHODES ONT-ELLES VRAIMENT CHANGÉ ?

Regardons notre continent et posons-nous ces questions :

1. DIVISER.

Empêcher les Africains de construire une véritable unité politique, économique, monétaire, militaire et diplomatique. Utiliser les uns contre les autres.

2. CONTRÔLER LE LEADERSHIP.

Favoriser des dirigeants davantage préoccupés par leur maintien au pouvoir que par la construction d’une Afrique véritablement souveraine.

3. CONTRÔLER LES RESSOURCES ET L’AVENIR.

Extraire les richesses du continent sans transformation locale suffisante, entretenir les dépendances et laisser une partie de la jeunesse sans perspectives à la hauteur de son potentiel.

ET SI LA STRATÉGIE MODERNE ÉTAIT PLUS SUBTILE ?

Ne plus nécessairement empêcher tout développement… Mais accepter juste assez de développement pour donner l’impression d’avancer, sans permettre au continent d’atteindre tout son potentiel. Car la véritable question n’est pas seulement : « L’Afrique se développe-t-elle ? » La véritable question est : « Où devrait être l’Afrique aujourd’hui compte tenu de ses ressources naturelles, de ses 1,5 milliard d’habitants, de sa jeunesse et de son immense potentiel ? » Pourquoi ne pourrions-nous pas bâtir des économies, des infrastructures et des pôles d’innovation capables de rivaliser avec Singapour, Dubaï, Séoul ou Shenzhen ? Nkrumah avait compris une chose essentielle : UNE AFRIQUE DIVISÉE PEUT ÊTRE INFLUENCÉE. UNE AFRIQUE UNIE DEVIENT UNE PUISSANCE MONDIALE. Peut-être que le véritable hommage à Nkrumah n’est pas de regarder éternellement vers 1966… C’est de construire enfin l’Afrique dont il rêvait.

LES ÉTATS-UNIS D’AFRIQUE.

Dr Tete Samuel Mathey

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