Économie

Électricité en Côte d’Ivoire, le défi du réseau face aux ambitions d’industrialisation

La Côte d'Ivoire a fait de grands bonds en avant au niveau de l'électricité. Des investissements sont de plus en plus attendus dans le secteur.

Par admin2 min de lecture
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Une des installations électriques en Côte d'Ivoire
Une des installations électriques en Côte d'Ivoire

La Côte d’Ivoire veut accélérer son industrialisation, attirer davantage d’investissements et consolider sa position de pôle économique régional. Derrière cette ambition se trouve une infrastructure déterminante, l’électricité. Produire davantage ne suffit plus. Il faut aussi transporter l’énergie, sécuriser le réseau et garantir une alimentation fiable aux ménages comme aux entreprises.

 La Banque mondiale sur le terrain

 Du 7 au 8 septembre 2026, une mission de la Banque mondiale s’est rendue à Korhogo, Ferkessédougou et Bouaké dans le cadre du programme NEDA et de la coopération avec la Côte d’Ivoire dans le secteur électrique. Cette mission intervient alors que les besoins énergétiques progressent avec l’urbanisation, l’activité économique et les projets industriels.

 Produire mais surtout acheminer

 Le défi ne consiste plus seulement à construire de nouvelles capacités de production. L’électricité doit être transportée, distribuée et disponible avec le moins d’interruptions possible. Cela nécessite des investissements dans les lignes, les postes électriques, les réseaux de distribution et leur modernisation. L’enjeu est aussi territorial. Un réseau plus performant dans les villes de l’intérieur peut favoriser l’implantation d’entreprises, soutenir les économies locales et réduire la concentration des activités autour d’Abidjan.

 L’énergie au cœur de l’industrialisation

 Une industrie compétitive a besoin d’une énergie stable et accessible. Les interruptions peuvent ralentir la production, affecter les équipements et augmenter les coûts des entreprises. L’électricité devient ainsi un facteur direct de compétitivité. Pour attirer durablement les investissements, la Côte d’Ivoire doit pouvoir associer routes, ports, logistique, télécommunications et énergie fiable. La politique électrique devient donc autant un enjeu économique qu’un enjeu d’accès au service public.

 Les régions au centre du défi

 Korhogo, Ferkessédougou et Bouaké occupent des positions importantes dans les échanges entre le nord, le centre et le reste du pays. Le renforcement du réseau pourrait accompagner l’émergence de nouveaux pôles agro-industriels, commerciaux et logistiques au plus près des bassins de production.

 De l’accès à la qualité

 Après l’extension progressive du réseau électrique, une autre exigence s’impose, celle de la qualité et de la résilience du service. Production, transport, distribution et maintenance devront progresser ensemble pour accompagner l’augmentation de la demande. Pour les populations, l’enjeu est la continuité du service. Pour les PME, il s’agit de réduire les perturbations. Pour les industriels, c’est une condition de productivité et d’investissement. Pour l’État, c’est la nécessité de disposer d’un système énergétique capable d’accompagner durablement la croissance. La bataille de l’industrialisation ivoirienne ne se jouera donc pas seulement dans les usines et les zones industrielles. Elle se jouera aussi sur les lignes électriques qui traversent le pays. L’électricité n’est plus seulement un service essentiel. Elle devient l’une des infrastructures stratégiques de la transformation économique de la Côte d’Ivoire.

 Ferdinand Yao

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