Économie

Afrique –Corée : le partenariat qui pourrait rebattre les cartes de la coopération économique

Dans quelques années , le partenariat entre l'Afrique et la Corée pourrait prendre de l'épaisseur qui va tout changer.

Par admin2 min de lecture
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Des officiels ivoiriens au récent sommet Corée-Afrique
Des officiels ivoiriens au récent sommet Corée-Afrique

L’Afrique regarde traditionnellement vers la Chine, l’Europe, les États Unis, le Japon ou les pays du Golfe lorsqu’il est question de grands partenariats économiques. Mais un autre acteur avance progressivement ses pions. La Corée du Sud veut approfondir sa relation avec le continent en misant sur ce qui a largement contribué à sa propre transformation, la technologie, l’industrie, l’innovation et désormais l’intelligence artificielle.

Du 8 au 11 septembre 2026, Séoul accueillera la huitième Conférence ministérielle de la Coopération économique Corée Afrique, KOAFEC. Ministres africains, responsables coréens, investisseurs, entreprises et institutions de développement doivent y examiner les nouvelles perspectives de coopération, avec une attention particulière portée aux infrastructures numériques et à l’intelligence artificielle.

Derrière la diplomatie se joue une véritable bataille économique. L’Afrique représente un immense marché en croissance, mais reste confrontée à d’importants besoins en infrastructures, énergie, connectivité, industrialisation et formation technologique. La Corée du Sud possède une solide expérience dans plusieurs de ces domaines. Partie d’une économie relativement pauvre au lendemain de la guerre de Corée, elle est devenue en quelques décennies une puissance industrielle et technologique mondiale.

Mais l’enjeu pour l’Afrique ne doit pas être de remplacer une dépendance par une autre. Après des décennies marquées par l’exportation de matières premières et l’importation de produits manufacturés, les États africains doivent négocier des partenariats favorisant davantage la transformation locale, le transfert de technologies, la formation des ingénieurs, le développement des entreprises nationales et la création d’emplois qualifiés.

L’intelligence artificielle ouvre précisément un nouveau terrain de coopération. Pour profiter de cette révolution, l’Afrique devra disposer de centres de données, de réseaux performants, d’une énergie abondante et accessible, de compétences numériques et de politiques publiques adaptées. Mais une question stratégique demeure. Les technologies seront elles simplement importées ou développées avec des compétences africaines ? Qui hébergera les données ? Les universités, chercheurs et start up africains participeront ils réellement à la création de valeur ?

Le rapprochement avec Séoul présente également un intérêt géopolitique. Chine, États Unis, Europe, Inde, Turquie, Russie, Japon, Corée et pays du Golfe cherchent tous à renforcer leurs positions en Afrique. Cette compétition peut devenir une opportunité si les États africains réussissent à diversifier leurs partenaires et à négocier en fonction de leurs propres priorités de développement.

 La rencontre de Séoul devra donc être évaluée au delà des discours et des photographies officielles. Combien d’investissements seront effectivement mobilisés ? Combien d’infrastructures, d’usines et de centres technologiques seront construits sur le continent ? Combien d’entreprises africaines bénéficieront des financements ? Combien de jeunes seront formés aux métiers de l’intelligence artificielle et de l’économie numérique ?

Vingt ans après le lancement de la coopération économique Corée Afrique, une nouvelle étape se dessine. L’Afrique n’a plus seulement besoin de partenaires capables de financer son développement. Elle a besoin de partenariats lui permettant de produire, transformer, inventer et maîtriser les technologies qui façonneront l’économie mondiale de demain. C’est à cette condition que le rapprochement avec Séoul pourra devenir un véritable levier de transformation.

 Marlone Agnero

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