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IRAN–ÉTATS-UNIS :LA GUERRE ÉCONOMIQUE ENTRE DANS UNE NOUVELLE DIMENSION

La guerre entre les Etats -Unis et l'Iran s'enlise. C'est le moins que l'on puisse dire au regard de la situation sur le terrain.

Par admin3 min de lecture
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La guerre entre les Usa et l'Iran n'a que trop durer
La guerre entre les Usa et l'Iran n'a que trop durer

Le bras de fer entre les États-Unis et l’Iran franchit un nouveau seuil. Ce lundi 24 août 2026, l’administration américaine a annoncé un durcissement majeur de sa campagne économique contre Téhéran. Washington veut désormais accroître la pression non seulement sur l’économie iranienne, mais également sur les entreprises, intermédiaires et partenaires étrangers qui contribuent à maintenir ses échanges avec le reste du monde. Une stratégie qui transforme progressivement la confrontation irano-américaine en enjeu économique international.

Le dispositif américain vise notamment les secteurs de l’or, des technologies, des actifs numériques, de l’aviation et du transport maritime. Près de 60 personnes, entreprises et navires liés à l’Iran ont été concernés par de nouvelles mesures. L’objectif affiché est d’assécher les sources de revenus de Téhéran et de réduire sa capacité à utiliser les circuits financiers et commerciaux internationaux. Mais la véritable puissance de cette stratégie réside dans la menace d’un élargissement des sanctions secondaires, susceptibles de placer des entreprises étrangères devant un choix difficile entre certaines relations commerciales avec l’Iran et leur accès au système financier américain.

La Chine se retrouve naturellement au centre de cette équation. Pékin demeure un acheteur majeur du pétrole iranien et toute tentative américaine visant à interrompre davantage ces flux pourrait dépasser le seul face-à-face entre Washington et Téhéran. Une question stratégique se pose alors. Jusqu’où les États-Unis peuvent-ils pousser leur dispositif sans provoquer une confrontation commerciale et financière plus large avec la Chine et d’autres partenaires économiques de l’Iran ?

Téhéran rejette cette stratégie et considère les sanctions américaines comme une forme de guerre économique. Les autorités iraniennes ont averti qu’elles pourraient répondre aux États participant à leur isolement économique. Ces tensions prennent une dimension particulièrement sensible en raison du rôle stratégique du détroit d’Ormuz, passage essentiel pour les exportations énergétiques du Golfe. Toute perturbation importante dans cette zone pourrait rapidement affecter les marchés pétroliers, le transport maritime et les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Pour l’Afrique, cette confrontation est loin d’être abstraite. Une hausse durable des cours du pétrole peut se transmettre aux prix du carburant, au fret maritime, au transport routier, à l’électricité, aux coûts de production et finalement aux prix payés par les consommateurs. Les économies fortement dépendantes des importations énergétiques seraient particulièrement exposées, tandis que même certains États producteurs pourraient subir les effets indirects d’une volatilité accrue des marchés internationaux.

La Côte d’Ivoire doit également observer cette évolution avec attention. Son économie est fortement intégrée au commerce mondial et le port d’Abidjan constitue une plateforme logistique majeure pour l’Afrique de l’Ouest. Une perturbation prolongée des routes maritimes ou une forte hausse des coûts énergétiques pourrait affecter les importations, le transport, l’industrie et, à terme, le pouvoir d’achat des ménages.

Au-delà du pétrole, le conflit pose une question fondamentale sur l’organisation de l’économie mondiale. En utilisant l’accès au dollar, au financement international et au marché américain comme instruments de pression, Washington démontre une nouvelle fois le poids stratégique de son système financier. Dans le même temps, cette politique pourrait encourager certains États à accélérer la recherche de mécanismes de paiement alternatifs et à réduire progressivement leur exposition aux sanctions extraterritoriales américaines.

La bataille entre Washington et Téhéran ne se joue donc plus uniquement sur les terrains militaire et diplomatique. Elle se déroule également dans les banques, les ports, les compagnies maritimes, les raffineries, les marchés pétroliers et les circuits internationaux de paiement. La question n’est plus seulement de savoir jusqu’où les États-Unis peuvent isoler l’Iran, mais jusqu’où ils peuvent contraindre le reste du monde à participer à cet isolement sans provoquer de nouvelles fractures économiques internationales.

Pour l’Afrique, l’enjeu consiste désormais à anticiper plutôt qu’à subir. Lorsque les grandes puissances utilisent le commerce, l’énergie et la finance comme instruments de confrontation, les économies les plus vulnérables peuvent en payer une partie du prix sans avoir participé au conflit. Dans cette nouvelle guerre économique, les conséquences pourraient donc se faire sentir bien au-delà de Washington et de Téhéran.

 Kader Bacongo Cissé

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